L'UE craint la poursuite des campagnes de fake news autour du coronavirus et veut donc responsabiliser davantage les réseaux sociaux. Selon un plan présenté mercredi par la Commission européenne, des plateformes comme Facebook et Twitter devront à l'avenir présenter des rapports mensuels sur leur lutte contre la désinformation. En outre, les entreprises sont invitées à collaborer plus étroitement avec des vérificateurs de faits indépendants.
"Lors de la pandémie du coronavirus, l'Europe a été inondée par des campagnes de désinformation qui trouvaient leur origine tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'UE", a commenté la vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova. Pour les combattre, il faut "mobiliser tous les acteurs concernés, des plateformes en ligne aux autorités, et soutenir les vérificateurs de faits et les médias indépendants".
Un nombre croissant d'opposants à la vaccination
Mme Jourova a cité comme exemple d'évolution inquiétante le nombre croissant d'opposants à la vaccination, par exemple en Allemagne. Le thème de la vaccination semble devenir le prochain champ de bataille des propagateurs de fausses informations, a-t-elle déclaré. Selon une étude, la volonté de se faire vacciner en Allemagne a chuté de près de 20 points de pourcentage en moins de deux mois.
Pour l'UE, le thème de la désinformation est surtout important en raison des risques sociaux. Elle doit craindre que les fausses informations ne conduisent à une perte de confiance dans les gouvernements et les médias ainsi qu'à un affaiblissement de l'influence européenne dans le monde. Selon la Commission européenne, la Chine et la Russie sont à l'origine d'une partie des campagnes.
Longue liste de fausses nouvelles
La liste des fausses nouvelles diffusées lors de la crise de Corona est longue. Ainsi, les théoriciens du complot affirment régulièrement que le fondateur de Microsoft, Bill Gates, est à l'origine du coronavirus et qu'il complote avec l'UE pour pouvoir surveiller l'ensemble de l'humanité.
D'autres exemples de fake news sont des informations selon lesquelles l'UE ne soutient pas les pays partenaires dans la gestion de la crise, que la crise doit être utilisée comme prétexte pour des vaccinations de masse ou que la nouvelle norme de téléphonie mobile 5G est la cause de Corona.
Selon la Commission européenne, tout cela affaiblit la cohésion sociale, met en danger la démocratie et la santé des gens. "La désinformation en période de pandémie de coronavirus peut tuer", a déclaré Josep Borrell, responsable des affaires étrangères de l'UE, en faisant référence à l'affirmation selon laquelle boire de l'eau de Javel pourrait aider à lutter contre le coronavirus.
Rapports mensuels
Concrètement, les réseaux sociaux, sur lesquels les mensonges se propagent souvent à une vitesse fulgurante, doivent désormais présenter des données détaillées dans des rapports mensuels sur la manière dont ils encouragent les contenus fiables et limitent les fake news.
Certes, les plateformes fourniraient déjà des liens vers des informations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et supprimeraient les publicités pour des produits médicaux contrefaits et trop chers. Mais il faut aller plus loin, a déclaré Mme Jourova. Il ne s'agit pas de restreindre la liberté d'expression. "Je ne veux pas créer un ministère de la vérité", a déclaré la Tchèque.
Facebook, Google, Twitter et Mozilla s'étaient déjà engagés à l'automne 2018 à renforcer leur action contre les fausses informations en ligne et avaient signé un code de conduite volontaire à cet effet. Entre-temps, Tiktok y a également adhéré, a déclaré Jourova mercredi. Des discussions sont en cours avec Whatsapp. Microsoft a déjà adhéré en 2019. Le rapport de mercredi doit notamment être pris en compte dans les projets prévus par la Commission européenne, comme une loi sur les services numériques. Il s'agit d'une préoccupation majeure de l'autorité. Elle doit définir des règles du jeu communes pour les fournisseurs sur Internet. (SDA)