Le nouveau système de redevance est donc sous toit. Mais le débat sur la mission de service public de la SSR ne fait que commencer. Il est possible qu'il faille recompter les voix. Le résultat pourrait entrer dans l'histoire comme l'un des plus serrés. Au total, environ 1'128'400 personnes ont voté oui à la nouvelle LRTV, environ 1'124'700 ont déposé un non dans l'urne. Quelques milliers de voix ont donc fait pencher la balance.
Les votants de Suisse romande ont clairement dit oui. Le canton bilingue du Valais a constitué une exception. En Suisse alémanique, seuls deux cantons ont dit oui : Bâle-Ville et les Grisons avec environ 51 pour cent chacun. Les autres cantons alémaniques ainsi que le Tessin ont voté non.
Le résultat est si serré qu'un recomptage pourrait s'imposer. Mais selon la Chancellerie fédérale, un tel recomptage ne peut être ordonné que s'il existe des indices crédibles d'irrégularités.
Plus de contrôles Billag
Le oui ouvre désormais la voie à un nouveau système de redevance : la redevance liée aux appareils est remplacée par une taxe générale. Le Parlement veut ainsi tenir compte du fait que la plupart des ménages disposent d'appareils de réception, puisque les programmes de radio et de télévision peuvent aujourd'hui également être reçus sur un téléphone portable et un ordinateur.
Il n'est plus nécessaire de s'inscrire auprès de Billag, ni d'effectuer des contrôles. Pendant une période transitoire de cinq ans, les personnes qui ne consomment pas de médias peuvent être exonérées de la redevance. Tous les résidents des maisons de retraite et des établissements médico-sociaux sont exonérés de manière permanente.
Réduction des frais en arrière-plan
Comme il n'y a plus d'auditeurs clandestins, la redevance va baisser - à environ 400 francs, selon les indications du Conseil fédéral. A l'exception des entreprises qui génèrent un chiffre d'affaires de plus d'un million de francs, toutes les entreprises devront payer moins qu'aujourd'hui.
Et pourtant, les discussions ne sont pas terminées avec le oui de dimanche - au contraire. Les débats sur le service public et le programme de la SSR ne font que commencer. Un rapport est en cours d'élaboration au sein du département de la ministre des médias Doris Leuthard, qui devrait être disponible mi-2016. Les opposants et les partisans de la nouvelle LRTV exigent un débat de fond sans tabou. "Nous devons discuter de l'étendue des prestations de la SSR", a déclaré le directeur de l'Union suisse des arts et métiers Hans-Ulrich Bigler, qui avait mené le comité du non.
AZ Medien demande de "limiter le pouvoir de marché de la SSR". Et les stations de radio et de télévision privées soulèvent elles aussi la question : "De quelle SSR avons-nous besoin ?"
La SSR ouverte à la discussion
"Bien entendu, on peut remettre cela en question", a constaté Doris Leuthard. Mais cela doit se faire en tenant compte des conséquences. Pour le Conseil fédéral, une offre médiatique diversifiée est importante : "Les médias sont élémentaires pour le fonctionnement de la démocratie".
Le directeur général de la SSR, Roger de Weck, a souligné que la SSR est un mandataire du service public et non un mandant. Il se réjouit du débat sur l'avenir du service public. "La SSR participera au débat de manière ouverte et constructive". C'est son "devoir statutaire". Selon de Weck, le résultat serré de la votation ne reflète toutefois pas le soutien de la population : "Je ne vois pas de manque de soutien pour la SSR en Suisse alémanique".
La SSR continuera d'atteindre différents groupes cibles et d'essayer de couvrir différents domaines, a déclaré le directeur de la RTS Gilles Marchand. Il faut un programme pour la population jeune et pour la population âgée. (ATS)