"Nous devons être plus audacieux"
Veit Dengler, CEO du groupe de médias NZZ, s'exprime dans un entretien avec le rédacteur en chef de Werbewoche Pierre C. Meier sur les défis auxquels le groupe doit faire face.

Werbewoche : Que représente pour vous la NZZ ?
Veit Dengler : La NZZ a toujours été pour moi un phare dans le paysage de la presse germanophone. C'est un journal très exigeant en matière de journalisme, qui sait très bien faire la curation des contenus, les classer et les transmettre avec une grande compétence en matière de dossiers.
Êtes-vous satisfait de la présentation en ligne actuelle de la NZZ ?
Dans l'ensemble, oui, mais il y a encore un potentiel d'amélioration.
Où voyez-vous des améliorations à apporter ?
La structure et la mise en page du site peuvent certainement encore être améliorées.
Quel a été l'impact du paywall ?
Le principe selon lequel il faut payer pour un journalisme de qualité est juste. Nous ne pouvons pas vivre de la seule publicité à une époque où le volume des annonces est en baisse constante. Mais notre paywall est aujourd'hui très rigide et ne nous permet pas de faire des produits différents pour des groupes de clients différents. Sur ce point, nous pouvons beaucoup apprendre de l'industrie des biens de consommation, qui différencie fortement ses offres. Pour la NZZ, je peux par exemple m'imaginer des abonnements par catégorie pour les personnes qui ne s'intéressent qu'à une partie de notre journal, par exemple la culture ou l'économie. Peut-être une offre pour les étudiants - moins chère, mais ne proposant pas tous les contenus. Ou des offres premium qui, outre le journal imprimé et le journal numérique, comprendraient l'accès à des conférences ou à d'autres de nos services.
Qui développe ces nouveaux produits et quand verrons-nous les premiers ?
Nous devons d'abord créer les bases. Donc une infrastructure informatique qui nous permette de composer et de distribuer des produits spécifiques aux clients. Aujourd'hui, les clients qui commandent un abonnement numérique chez nous reçoivent encore une facture papier. Nous avons beaucoup de retard à rattraper. C'est pourquoi nous ne pourrons lancer de nouveaux produits qu'à partir de 2015. D'ici là, il y aura tout au plus l'un ou l'autre pilote.
Dans une interview avec le journal autrichien Die Presse, vous avez déclaré : "Nous devons en fait agir davantage comme une entreprise technologique que comme une maison de presse classique". Qu'entendez-vous exactement par là, dans quelle mesure la maison est-elle prête à opérer ce changement ?
C'était un peu "tongue-in-cheek" (ironique, avec une arrière-pensée, pas tout à fait sérieux) comme on dirait en anglais. Bien sûr, nous sommes une entreprise de médias, mais à l'ère du numérique, la compétence technologique est une condition essentielle pour pouvoir proposer des offres différenciées attrayantes sur les plateformes en ligne ou mobiles. Les entreprises de médias n'ont pas cela dans leurs gènes, car pour devenir une entreprise technologique, nous devons aussi changer notre comportement. Devenir plus agile, plus rapide, plus audacieux. Il y a beaucoup de volonté pour ce changement. A commencer par le conseil d'administration et les collaborateurs. Tous savent que notre modèle d'entreprise traditionnel ne tient plus la route et que nous devons changer beaucoup de choses que nous n'avons peut-être pas remises en question pendant des décennies. Un exemple concret : Nous avons de très nombreux experts en matière de dossiers au sein de l'entreprise. Leurs connaissances spécialisées, associées à la capacité de les exprimer dans un style journalistique remarquable, constituent l'un de nos piliers. C'est pourquoi, à l'avenir, nous libérerons ces experts de la charge de la production afin qu'ils puissent faire un maximum de recherches et écrire. Des équipes en aval se chargeront ensuite de l'édition et de la production spécifique à la chaîne.
Qu'est-ce qui change alors ?
Dans l'ancien monde de l'édition, nous vivions des abonnés à notre journal et plus encore des annonceurs. Nous proposions un ou deux produits et en tirions un très bon profit. Dans le nouveau monde, nous devons élargir notre gamme de produits, disposer de tous les modèles payants possibles et pouvoir proposer de la publicité cross-média. Nous n'en sommes pas encore capables. Et c'est vraiment difficile. La transformation du côté commercial est très exigeante. La transformation dans le domaine de l'édition est fondamentale en ce qui concerne les méthodes de travail, la présence temporelle et la capacité à penser en plusieurs formes d'offre. Mais ce qui ne doit pas changer dans ce processus, c'est la préservation de la qualité du contenu.
Il est prévu de dissocier l'organisation de la production des contenus, de l'édition et de la production de la rédaction de la NZZ. Les producteurs en ligne - pour les nommer ainsi - devront travailler en étroite collaboration avec le marketing et la vente, en plus de la rédaction proprement dite, afin de trouver ou d'exploiter de nouvelles possibilités publicitaires par exemple. Un potentiel de conflit sans fin....
Ce n'est pas si grand que cela. Nous vendons de la publicité, pour laquelle notre offre éditoriale est le bon support. Mais nous n'orientons pas notre offre éditoriale en fonction de la publicité. L'une des valeurs clés de notre marque est l'indépendance éditoriale. Vous lisez la NZZ parce que vous avez confiance dans le fait qu'elle ne reflète pas seulement certains intérêts et qu'elle n'est pas à vendre. Cela doit être le cas dans le nouveau monde comme dans l'ancien. C'est pourquoi il y a des limites claires à la commercialisation. Le native advertising par exemple. C'est impensable à la NZZ. Là où le marketing et la vente poussent les rédactions, c'est dans le domaine de l'autopromotion. Nous comptons dans nos rangs quelques-uns des meilleurs journalistes de l'espace germanophone. Ce sont des marques qui exercent une grande force d'attraction. S'ils se contentent de rechercher et de rédiger des articles et ne sortent pas de temps en temps pour parler de leur travail - ou tweeter à ce sujet -, nous laissons un potentiel de chiffre d'affaires inexploité. Mais là encore, il n'y a pas de conflit potentiel entre journalisme et affaires ; en cela, j'enfonce des portes ouvertes chez le rédacteur en chef de la NZZ, Markus Spillmann.
Dans la même interview, vous avez déclaré : "Ce n'est pas parce que nous avons eu des marques fortes et des lecteurs fidèles dans le passé que nous allons les garder éternellement. La difficulté est de déterminer comment les nouveaux médias doivent être conçus". Cela sonne bien, mais qui se charge de cette tâche aujourd'hui à la NZZ ? D'où viennent les idées ? Est-ce le CR, les chefs de rubrique, la rédaction, les conseillers en entreprise nouvellement embauchés ou même vous en fin de compte ?
C'est la tâche de notre département "Marketing et produit" d'analyser les données des clients et d'en tirer des conclusions - par exemple, où il y a un besoin pour de nouveaux produits, quel est le degré d'acceptation et le potentiel du marché pour ceux-ci. Nous devons ensuite décider si nous pouvons et voulons proposer un tel produit dans le cadre de notre indépendance éditoriale. C'est là que le journalisme a son mot à dire. Si nous répondons par l'affirmative, nous devons alors réfléchir ensemble à quand, comment et avec quel investissement. Et nous devons nous fixer des objectifs commerciaux dès le départ. Ne serait-ce que pour définir clairement à quel moment nous tirerons le frein d'urgence si un produit ne tient pas les promesses que nous en avons faites.
Qui est le chef de file ?
Les deux, ils doivent le faire ensemble. Nous avons délibérément choisi une double direction pour le secteur d'activité NZZ. Le journalisme a chez nous une très grande importance, le rédacteur en chef siège chez nous à la direction de l'entreprise - et cela continuera d'être le cas. Ma socialisation est peut-être différente, mais je pense que nous devons apprendre à travailler davantage en équipe. Vous ne pouvez plus diriger une entreprise aujourd'hui comme il y a 20 ans. Il doit en être de même aujourd'hui qu'en football. Peu importe qui récupère le ballon de l'adversaire. Ce qui est décisif, c'est que chacun dans l'équipe sache quand il doit conduire le ballon et quand il doit le passer pour que quelqu'un marque le but à la fin du relais.
Je suis d'accord avec vous, mais dans une entreprise de médias, il y a quand même des différences. On peut développer des idées qui sont peut-être intéressantes sur le plan commercial, mais qui ne rapportent rien sur le plan journalistique, voire qui sont nuisibles. A l'inverse, il peut y avoir des idées qui sont certes très intéressantes sur le plan journalistique, mais qui coûtent une fortune et ne rapportent rien.
Je vais prendre l'exemple de Frame, le nouveau supplément cinéma de la NZZ am Sonntag. L'idée a été fortement influencée par Felix Müller, le rédacteur en chef de la NZZ am Sonntag, et Christian Jungen, le rédacteur cinéma, pour qui c'était une véritable préoccupation. Puis il y a eu le Zürcher Film Festival (ZFF), qui s'est proposé comme partenaire parce qu'il a toujours voulu avoir une telle publication. C'est ainsi qu'est née l'idée de Frame. Nous en avons bien sûr discuté au sein de nos instances dirigeantes. Nous avons fait un calcul critique du projet et réfléchi aux facteurs de réussite et aux critères de succès. C'est sur cette base que nous avons décidé de le faire. Sans l'initiative entrepreneuriale de Felix Müller et Christian Jungen, cela ne serait jamais arrivé. Mais maintenant, la balle est dans notre camp et chacun connaît son rôle dans le jeu. C'est ainsi que je conçois le travail d'équipe.
Je reviens sur la dissociation organisationnelle entre l'écriture, l'édition et les producteurs. Qu'en pense la rédaction ?
Nous ne les appelons pas producteurs, mais responsables de produit éditorial, un nom un peu encombrant. Nous sommes actuellement en train de les recruter. Ce qui est important, c'est qu'ils auront le rang de rédacteurs en chef adjoints. Ils devront finalement décider quels contenus seront affinés et comment. Ils doivent se poser la question de savoir comment je conçois ma chaîne pour qu'elle réponde aux exigences de la NZZ, mais aussi à la logique de cette chaîne. C'est un rôle extrêmement important, avec une grande responsabilité commerciale, qui va bien au-delà du rôle classique du producteur.
C'est justement parce que cette position est si importante qu'elle peut donner lieu à des discussions
C'est certainement le cas. Les processus rédactionnels doivent se réajuster. Nous devons y travailler dur. Mais je suis très confiant. Au sein de la rédaction, il y a une large compréhension du fait que les différents canaux doivent être exploités avec succès.
Pourquoi l'ensemble du secteur des médias a-t-il tant de mal à passer au numérique ?
(rires) Ce n'est pas seulement le cas dans cette industrie. Je ne citerai que Kodak ou Universal Music. Les grandes marques disparaissent dans tous les secteurs où la numérisation frappe. De nouvelles marques apparaissent. C'est dramatique, mais on ne peut pas y remédier. Celui qui n'est pas prêt à adapter en permanence son modèle commercial à l'évolution des conditions sociales ou technologiques disparaît. Lorsque je fais mes rondes dans les maisons de Saint-Gall, Lucerne et ici, j'entends toujours l'histoire de la publicité qu'il fallait refuser il y a encore douze ans parce que les agrafes de l'imprimerie ne pouvaient pas tenir des pages supplémentaires. Comme je l'ai dit : c'était il y a seulement douze ans ! Mais au cours de ces douze années, le monde des médias a tellement changé que notre ancien modèle commercial - publicité imprimée et abonnés imprimés - ne fonctionne tout simplement plus. Bien sûr, je comprends la réaction : "Est-ce vraiment nécessaire ? Cela a bien fonctionné". Ce n'est pas comme si les entreprises de médias étaient tellement plus rentables auparavant. Mais elles devaient être beaucoup moins efficaces, car les journaux avaient peu de concurrence par rapport à leur clientèle respective et réalisaient donc de bons chiffres d'affaires. J'utilise parfois cette image : Nous venons d'un pays très fertile et nous avons maintenant traversé un fleuve sur l'autre rive. Les ponts de retour n'existent plus ; ils ont brûlé. Nous devons maintenant faire de ce que nous trouvons une nouvelle terre fertile.
Pour cela, il y a deux possibilités. On peut faire comme le fait en partie la concurrence. On peut se diversifier dans d'autres domaines, se diversifier dans le produit proprement dit en rachetant à prix d'or ce que l'on a perdu, comme par exemple les portails d'emploi ou autres. Ou on peut essayer de trouver une voie médiane, comme le fait la NZZ. Ils se développent dans des domaines qui ont un lien avec le produit NZZ (conférences, données économiques, etc.). Dans quels autres domaines une NZZ peut-elle s'étendre ?
La NZZ n'est qu'une partie du groupe de médias NZZ. L'autre partie, ce sont les médias régionaux et nos services proches du journalisme. Une décision de principe que nous avons prise pour le groupe est que notre raison d'être est le journalisme. Notre ambition est de développer de nouveaux produits afin d'augmenter notre base de clients dans ce domaine. Nous n'exploiterons des activités supplémentaires que si elles ont au moins un lien raisonnable avec le journalisme. Je prends l'exemple des conférences. Il y a là un "fit" naturel avec la NZZ. Mais cela peut aussi être une affaire de rubriques, par exemple. Nous en avons d'ailleurs quelques-unes, mais nous ne les achetons pas aussi cher (rires). Il peut aussi s'agir de services dans le domaine de la santé, de la finance personnelle, d'informations économiques. Tout cela nous convient. Nous comprenons ces activités.
Vous investissez maintenant dix millions. Où se situe l'essentiel ?
Dans le domaine de la publicité. Dans la vente et le marketing et dans les nouveaux produits. C'est là que nous devons développer des compétences dont nous n'avions pas besoin jusqu'à présent. Par exemple dans le domaine de l'analyse des données. Nous devons nous améliorer considérablement dans ce domaine. Nous devons comprendre ce que nos clients veulent vraiment. Et ensuite développer et tester de nouveaux produits en conséquence. Des acquisitions de services liés à l'édition sont également envisageables - si elles nous conviennent.

Lors de l'Épiphanie, vous avez créé l'émoi en annonçant la conquête des marchés allemand et autrichien. La NZZ dispose en effet depuis des années d'une édition internationale, qui est certes importante, mais dont le tirage est relativement modeste (environ 10 000 exemplaires). Où voyez-vous alors des possibilités effectives, à quels groupes cibles faut-il s'adresser ?
Ce que j'ai dit - si je me souviens bien - n'était pas que nous allions conquérir l'Allemagne et l'Autriche, mais que nous n'allions pas laisser ces marchés à d'autres sans combattre. Il y a une certaine différence. Notre produit est un produit de niche pour certains groupes de clients. Mais si vous avez un marché de 90 millions de personnes - l'Allemagne et l'Autriche réunies -, c'est un marché très attractif, même pour un produit de niche. Il y a la fameuse phrase : "Personne n'a attendu la NZZ". Mais elle n'est que partiellement vraie. Tout d'abord, la NZZ existe déjà sur ces marchés et y joue historiquement un rôle relativement important. Mon père était diplomate, la NZZ fait encore aujourd'hui partie de l'équipement de base de nombreux diplomates autrichiens. Parce qu'elle offre la meilleure couverture de l'étranger en langue allemande. On peut en dire autant du feuilleton et de la rubrique économique.
Mais quelle est la taille de ce marché ?
Si notre créneau ne représentait que 0,5 % du marché total, cela signifierait un lectorat d'un demi-million de personnes. Il est donc suffisamment grand pour nous. La question est de savoir si nous pouvons le proposer à un prix suffisamment bas ou de manière suffisamment rentable ou non.
On peut le proposer en ligne ou sous forme numérique à un prix avantageux...
C'est vrai, mais l'acquisition de clients coûte cher. Même en ligne. Nous avons déjà le contenu. En ce sens, la numérisation est plus facile aujourd'hui qu'il y a vingt ans.
Cette expansion vers l'Allemagne et l'Autriche pourrait-elle se faire avec des coopérations ?
C'est possible.
Nous avons maintenant beaucoup parlé de la NZZ. Tout le monde ne parle que du vaisseau amiral, la NZZ. Pourtant, les journaux régionaux apportent et ont apporté de l'argent. Il y a eu des moments où la Falkenstrasse était heureuse de l'existence des journaux régionaux. D'une certaine manière, on a l'impression que ni vous ni votre président du conseil d'administration ne vous intéressez beaucoup aux journaux régionaux...
(rires) J'ai quatre enfants et je le dis avec conviction : Je les aime tous. Mais il y a une raison très banale pour laquelle cela semble être le cas. Nous sommes une entreprise relativement petite. Nous ne pouvions pas faire les stratégies pour tous les secteurs d'activité en même temps. C'est pourquoi nous avons commencé par le groupe, puis par le secteur d'activité NZZ. Nous en parlons beaucoup maintenant. Et c'est ainsi que naît l'image selon laquelle les médias régionaux ne sont pas importants. C'est le contraire qui est vrai. Plus de la moitié de notre chiffre d'affaires et de notre bénéfice proviennent des médias régionaux. Mais il ne s'agit pas seulement d'une contribution financière. Nous avons là des journaux, des chaînes de télévision, des stations de radio, nous avons tout un écosystème de médias qui sont importants pour la Suisse centrale et pour la Suisse orientale. Nous sommes conscients de notre responsabilité vis-à-vis de ce système et nous voulons être à la hauteur. Il y a de nombreux domaines dans lesquels nous pouvons nous améliorer. Online est certainement l'un d'entre eux. Autre chose : nous pouvons probablement nous améliorer considérablement en tant que groupe, tant sur le plan journalistique que commercial, si nous croisons mieux les médias. Par exemple, si je suis le premier à avoir des images du crash du F18 en Suisse centrale, elles devraient en fait apparaître presque simultanément dans tous nos médias. Nous devons apprendre cela. En outre, nous étudions les synergies. Si vous avez deux rédactions complètes qui font des reportages régionaux, vous devez vous demander s'il faut faire deux fois les sujets suprarégionaux. C'est ce que nous étudions en ce moment. Avec détermination, mais aussi avec le soin qui s'impose.
Il y a certainement des synergies qui ont des conséquences financières immédiates. Mais cela peut aussi coûter plus cher, bien entendu - surtout dans les rédactions à structure légère.
Beaucoup de gens utilisent à tort le terme synergie comme synonyme du mot économie. Ma femme est grecque : synergismós signifie travailler ensemble. Pour moi, c'est là que le bât blesse. Où peut-on collaborer de manière judicieuse ? Si on le fait correctement, on obtient souvent automatiquement de meilleurs produits ou des produits moins chers.
Pour cela, il faut des outils, des systèmes et la volonté de le faire...
C'est vrai !
Une telle collaboration pourrait-elle aller plus loin, par exemple pour la presse dominicale ?
Il faut être prudent. S'ils regardent l'Ostschweiz am Sonntag, ce ne sont pratiquement que des sujets de la région.
Mais aucun lecteur ne s'opposerait probablement à ce que la partie étrangère et nationale de la NZZ am Sonntag soit maintenue...
Mon premier emploi dans l'économie était dans le marketing. Ce que j'en ai retenu, c'est que les gens veulent des choses différentes. Il ne faut pas essayer de faire rentrer tous les besoins dans le même produit. Nos journaux régionaux du dimanche ont du succès et sont bien faits. Ils sont également différents. L'Ostschweiz am Sonntag est plus éloigné d'une septième édition du quotidien que la Zentralschweiz am Sonntag. Ils s'intègrent bien chez nous. Les problèmes doivent être résolus lorsqu'ils se présentent. Pas avant.
Vous avez parlé d'Online pour les titres régionaux. Il y a certainement un besoin d'optimisation dans ce domaine. Mais est-il possible de financer une stratégie régionale en ligne ?
Sans restriction, oui. On le voit par exemple dans le Vorarlberg ou dans la Sarre allemande. Il y a là-bas des entreprises de médias régionales qui gagnent de l'argent en ligne. Styria aussi a du succès à sa manière dans les médias régionaux. Je suis personnellement optimiste quant à notre réussite.
Quand vous avez accepté ce poste, vous imaginiez qu'il y aurait tant de problèmes à résoudre ?
On n'entre pas dans le secteur des médias de l'extérieur sans avoir fait ses devoirs. Dans ce sens, je dirais que c'est comme prévu. Mais ce qui est très positif pour moi, c'est d'abord qu'il y a vraiment beaucoup de bonnes personnes dans la maison. C'est un cliché qu'on dit souvent, mais ici, c'est vraiment vrai. Il y a des idées et des compétences. La deuxième chose, c'est que nous sommes une entreprise saine avec une marque très forte. Ce sont d'excellentes conditions de départ pour le succès.
Entretien : Pierre C. Meier (L'interview a eu lieu le 25 février)

Dernier communiqué de presse de mi-mars
En 2013, la NZZ a de nouveau souffert d'une baisse des recettes provenant du marché de la publicité imprimée et du marché des lecteurs imprimés. Le marché numérique a certes progressé, mais n'a pu compenser que partiellement ces pertes. L'entreprise entend néanmoins continuer à investir dans le journalisme. En 2013, le groupe de médias NZZ a réalisé un chiffre d'affaires et un bénéfice nettement inférieurs à ceux de l'année précédente. Le chiffre d'affaires a baissé de 36,5 millions pour atteindre 482,4 millions de francs. Cela correspond à un recul de 7 pour cent, comme l'a indiqué la NZZ vendredi. Les chiffres du bénéfice sont également à la baisse : Le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts a baissé de 7,4 millions de francs à 30,6 millions. Au final, le groupe NZZ a gagné 24,9 millions de francs l'année dernière - un recul de 6 millions de francs par rapport à 2012. Le marché numérique de la publicité et des lecteurs a certes réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 8 pour cent, mais cela n'a pas suffi à compenser les pertes de revenus massives du secteur de la presse écrite. Le marché de la publicité imprimée a perdu 6,8 millions de francs, le marché des lecteurs imprimés 2,5 millions. Le nombre d'employés a été nettement réduit l'année dernière, passant de 1639 à 1514, ce qui correspond à une diminution de 8 pour cent de tous les collaborateurs. Malgré ces chiffres peu réjouissants, le groupe de médias NZZ maintient sa décision d'investir environ 10 millions de francs dans le journalisme au cours des prochaines années. "Nous faisons face à la mutation du monde des médias, avec ses recettes d'abonnements et de publicité en baisse, en passant à l'offensive", déclare Veit Dengler, le directeur de la NZZ, cité dans le communiqué. La première étape est une expansion dans les pays voisins germanophones, d'abord en Autriche, d'où est originaire le patron de la NZZ Dengler. La NZZ se dit convaincue qu'il y a en Autriche suffisamment de clients qui apprécient l'offre d'un journalisme libéral de qualité. Le journaliste autrichien Michael Fleischhacker, ancien rédacteur en chef du quotidien Die Presse, va étudier les possibilités en Autriche pour le compte du groupe de médias NZZ. Selon les indications de la NZZ, il n'existe pas de projet concret. Le canal médiatique n'est pas non plus encore défini. (ATS)










