"Les utilisateurs du web s'exposent de plus en plus au risque d'une surveillance indiscriminée de la part du gouvernement", peut-on lire dans l'index 2014-2015 publié jeudi à Londres. Tim Berners- Lee, pionnier d'Internet et fondateur de la World-Wide-Web-Foundation, a appelé à reconnaître l'accès à Internet comme un droit humain. "Cela signifie un accès garanti et peu coûteux pour tous", a-t-il souligné. Dans 84 % des pays du monde, les lois de protection contre la surveillance de masse sur Internet sont faibles. En 2013, c'était encore le cas dans 63 % des pays. La censure est présente dans 38 % des pays, contre 32 % l'année précédente.
Le rapport critique le fait que dans de nombreux pays, l'Internet n'est pas encore considéré comme faisant partie de l'infrastructure publique au même titre que les autres réseaux d'approvisionnement. En conséquence, les réglementations légales sont peu nombreuses.
Scandinavie top
Selon le rapport, les pays scandinaves sont ceux qui ont le mieux réussi à tirer profit d'Internet d'un point de vue social, économique et politique. Le Danemark arrive en tête du classement, devant la Finlande et la Norvège. La Suède arrive en cinquième position, derrière la Grande-Bretagne.
Des pays comme le Brésil, l'Estonie ou la Corée du Sud auraient fait des progrès particulièrement importants ces dernières années. En revanche, la "mère patrie" de l'Internet, les États-Unis, qui occupent la sixième place dans l'index web, risque de régresser en raison d'inégalités de traitement et de distorsions de la concurrence.
Pour les pays à revenu moyen, la Hongrie est en tête, devant l'Argentine et le Costa Rica. Pour les pays pauvres, le Kenya est en tête de l'indice, devant le Bangladesh et l'Ouganda.
L'index web constate toujours un fort déséquilibre dans l'utilisation du réseau et donc dans l'accès à l'information entre les pays à faible revenu et ceux à revenu élevé. Dans les régions très développées du monde, l'utilisation est passée de 45 à 78 % de la population depuis 2005. Dans les pays pauvres, elle stagne en dessous de dix pour cent. (ATS)