« Nous ne sommes jamais assez bons »
Agences : grâce à ses campagnes cross-média novatrices, Crispin Porter + Bogusky est devenue l'une des agences les plus remarquables. Dominik Imseng a rencontré Alex Bogusky, directeur de la création.
Agences : grâce à ses campagnes cross-média novatrices, Crispin Porter + Bogusky est devenue l'une des agences les plus remarquables. Dominik Imseng a rencontré Alex Bogusky, directeur de la création.
WW : En tant qu’ancien président du jury à Cannes, cette première question va peut-être vous surprendre. Monsieur Bogusky, se pourrait-il que votre agence soit si créative parce que vous vous intéressez peu aux prix ? Alex Bogusky : Il y a effectivement du vrai là-dedans. Quand on veut vraiment créer quelque chose de nouveau, il ne faut pas trop se préoccuper des concours de création, car ceux-ci n’encouragent pas forcément les travaux innovants. On le constate d’ailleurs déjà dans la toute nouvelle catégorie Titanium & Integrated, que j’ai présidée cette année à Cannes, où bon nombre des campagnes présentées suivaient le même schéma. Ce qui est tout à fait normal : les créatifs s’inspirent tout naturellement des travaux qui ont déjà remporté des prix. Et il en va de même pour les membres du jury.
Comment sont composées les équipes qui développent les concepts cross-média chez vous ? En règle générale, chez nous aussi, c'est aux rédacteurs et aux directeurs artistiques qu'il revient de trouver les idées. Mais en réalité, les idées proviennent des services les plus divers, car chez nous, toutes les personnes impliquées dans une campagne – et pas seulement les créatifs – sont responsables à 100 % de sa qualité. Il n’y a donc jamais chez nous de situation du type : « Voici le briefing et la stratégie. Faites-en quelque chose. » C’est pourquoi, chez nous, les consultants ou les stratèges ont eux aussi des idées. Et les stratégies peuvent aussi venir des créatifs. Une grande partie de la planification stratégique pour «Truth» (voir encadré) provenait par exemple d’un directeur artistique et d’un producteur d’agence.
En parlant de planification stratégique : quelqu’un a dit un jour que la planification était « une étude de marché menée comme il faut ». Mais quand on voit à quelle fréquence vos campagnes s’appuient sur des insights pertinents, on a l’impression que, chez Crispin Porter + Bogusky, la planification, c’est « une planification stratégique menée comme il faut ».En effet, nous avons beaucoup réfléchi à la planification et à la manière de la rendre aussi efficace que possible, et nous avons constaté que la planification stratégique classique est une démarche extrêmement centrée sur la publicité. Nous avons donc commencé à faire appel à des personnes issues du milieu universitaire, comme des sociologues ou des anthropologues, qui sont parfois tellement géniaux qu’il nous est impossible de les envoyer chez les clients.
Vous pensez que ce sont des geeks ? Eh bien… appelons-les plutôt des chercheurs qui nous aident à comprendre les racines de la culture pop actuelle, afin que nous puissions l'influencer au profit de nos clients. Et puis, nous avons un autre groupe de personnes au sein de notre équipe de planification stratégique qui utilise les méthodes du journalisme d’investigation pour découvrir des informations pertinentes. Cette fertilisation croisée entre stratèges traditionnels, chercheurs et journalistes fonctionne plutôt bien.
Comment abordez-vous les présentations face à la concurrence ? Vous contentez-vous de présenter la stratégie ou montrez-vous également sa mise en œuvre ? Cela varie, mais je préfère présenter également la mise en œuvre créative. Il y a eu une période où nous n'avions pas souvent à faire de présentations, car nous obtenions directement de nouveaux contrats. Mais je ne suis pas sûr que ce fût une bonne chose, car cela nous a peut-être privés de cette sorte d'élan d'énergie dont la bonne publicité a tout simplement besoin.
Et quand vous présentez des campagnes : combien y en a-t-il ? Nous préférons nous en tenir à une seule idée. Celle dont nous sommes vraiment tombés amoureux, car c’est celle qui se décline le plus naturellement. Mais vous devez toujours rester objectif vis-à-vis de cette idée unique. Ce n’est qu’après l’avoir passée au crible que vous pouvez être sûr qu’il s’agit vraiment d’amour et non d’un simple orgasme mental. (Rires.)
Si vous deviez décrire en un seul mot ce qui caractérise une excellente publicité, ce mot serait-il, comme pour Marcello Serpa, « Simplicity » ? Mmh… Question difficile.
Quand on regarde vos propres travaux, ce mot pourrait être « connexion ». C'est en effet un bon mot. La base d'une bonne publicité doit toujours être ce que nous appelons, à l'agence, une « vérité essentielle ». C'est-à-dire quelque chose dans lequel chacun se reconnaît et où notre société se reconnaît. C'est seulement ainsi que la publicité peut vraiment nous toucher.
Miami, Boulder dans les Rocheuses… Pouvez-vous imaginer ouvrir une succursale même dans une ville traditionnellement tournée vers la publicité comme New York ou Londres ? Quand je pense à tous ceux qui nous critiquent simplement parce qu’ils ne nous connaissent pas personnellement, ce ne serait pas une mauvaise idée. En effet, nous sommes très isolés à Miami, et encore plus à Boulder, ce qui rend difficile pour les personnes extérieures de se faire une idée de l’agence. Mais ce que je ne veux en aucun cas, c’est devenir ce directeur créatif mondial qui passe son temps à faire la navette d’une succursale à l’autre sans pour autant pouvoir vraiment apporter son aide.
Dans un entretien que vous avez mené avec Lee Clow, votre grand modèle, celui-ci parle de la publicité comme étant l’un des secteurs les plus répugnants de la planète et explique que l’énergie dont il a besoin pour créer des publicités exceptionnelles lui vient de sa volonté de rendre au moins 5 % de la publicité intelligente. Vous aviez l’air très ému lorsqu’il a dit cela. Partagez-vous son point de vue ? Eh bien… ce n’est pas que j’aie honte d’être publicitaire.
Mais vous avez honte du travail de tant de vos collègues. Pour être honnête, j'ai souvent honte de mon propre travail.
Vous plaisantez. Sérieusement. Quand l'une de nos publicités passe chez moi, je change de chaîne. Surtout quand j'ai de la famille à la maison.
Pourquoi ? Parce que je ne trouve jamais que notre travail est assez bon. Et d’ailleurs, ce qui m’intéresse davantage, c’est l’impact de notre travail plutôt que le travail lui-même. Mais pour en revenir à votre question : je n’ai pas honte d’être publicitaire. Mais je pense que je n’ai aucun respect pour la publicité traditionnelle. Cela ne veut pas dire que je méprise les gens qui font ce genre de publicité. Mais je suis tout simplement en colère contre le caractère généralement envahissant et stupide de la publicité. C’est pourquoi j’adore jouer avec la publicité. Et cela met vraiment en colère beaucoup de gens du secteur. Mais j’ai cessé de m’indigner publiquement contre la mauvaise publicité. J’en ai payé le prix fort en étant considéré comme la figure de proue de la « nouvelle école de la publicité ». Il y a beaucoup de détracteurs de Crispin Porter + Bogusky. C’est devenu une véritable communauté de blogueurs qui n’apprécie pas que je n’aime pas la publicité qui prend les gens pour des idiots.
C'est peut-être pour cela que vous n'avez pas encore de succursale à New York. C'est là que se trouvent les patrons des grands réseaux, à qui vous ravissez régulièrement les meilleurs clients. Vous m'avez percé à jour : je ne suis pas à Miami ni à Boulder pour faire du surf ou du snowboard – je m'y cache simplement pour ne pas me faire tabasser tout le temps. (Rires.) Mais il y a un autre avantage à avoir des succursales à Miami et à Boulder. C’est que là-bas, je ne suis pas vraiment au courant de ce qui se passe dans le secteur de la publicité.
Sérieusement ? Sérieusement. Ça peut paraître bizarre et je ne devrais probablement pas le dire, mais je m'intéresse vraiment le moins possible à la publicité. Bien sûr, j'y suis confronté au quotidien. Je regarde la télé ou je surfe sur Internet. Mais je ne lis pas de revues spécialisées et je ne vais pas à des événements publicitaires.
Avez-vous un autre défaut – si tant est que ce soit vraiment un défaut ? Mon plus grand défaut ? (Réfléchit longuement.) Je n'aime pas les réunions.
En interne ou avec les clients ? Surtout celles avec les clients. Si j'avais davantage l'âme d'un consultant, j'aurais sans doute beaucoup plus de succès ! (Rires.)
À propos du « succès » : pouvez-vous attribuer votre carrière à une décision particulière, sans laquelle vous ne seriez pas là où vous en êtes aujourd’hui ? Honnêtement, je ne pense pas que les décisions aient une telle importance. Ce qui compte, c’est de donner le meilleur de soi-même à chaque étape de son parcours. Et il y a encore autre chose en quoi je crois fermement : trouvez ce qui vous comble vraiment. Cette chose-là que vous aimez vraiment faire, et vous verrez que les bonnes décisions s'imposeront d'elles-mêmes.
Alex Bogusky - Date de naissance : 31 juillet 1963
Situation familiale : marié (deux enfants, âgés de 10 et 7 ans)
Lieu de résidence : Miami et Boulder, Colorado
Formation : graphiste
Première carrière : véliplanchiste professionnel
Dernière distinction : « Agence interactive de l'année » à Cannes
Alex Bogusky
a fait ses débuts dans la publicité à la fin des années 80 au sein d'une agence de Miami qui comptait 16 employés. Aujourd'hui, cette agence s'appelle Crispin Porter + Bogusky et emploie, outre 400 personnes à Miami, 250 autres à Boulder, dans le Colorado. Chaque projet commence toujours par la même question : « Comment ferions-nous la promotion de ce produit ou de cette entreprise s'il n'y avait ni spots télévisés, ni affiches, ni annonces publicitaires, voire si nous n'avions même pas d'argent à consacrer à la publicité ? » La réponse la plus célèbre est sans doute
La réponse à cette question était le site Subservientchicken.com, créé pour Burger King, considéré comme la campagne marketing sans doute la plus efficace de tous les temps. Des millions d'internautes issus de plus de 100 pays ont visité le site – les articles parus dans les médias ont généré une publicité gratuite évaluée à plusieurs millions. » Bogusky y est également parvenu »
avec la campagne antitabac « Truth ». Point culminant à ce jour : 1 200 sacs mortuaires ont été déposés devant le siège d'un fabricant de cigarettes à New York (« 1 200 personnes meurent chaque jour à cause du tabac. Avez-vous déjà songé à faire une pause ? »). La vidéo diffusée sur Internet consacrée à cette action a suscité un énorme retentissement médiatique.
Entretien : Dominik Imseng, concepteur chez Matter & Gretener
WW : En tant qu’ancien président du jury à Cannes, cette première question va peut-être vous surprendre. Monsieur Bogusky, se pourrait-il que votre agence soit si créative parce que vous vous intéressez peu aux prix ? Alex Bogusky : Il y a effectivement du vrai là-dedans. Quand on veut vraiment créer quelque chose de nouveau, il ne faut pas trop se préoccuper des concours de création, car ceux-ci n’encouragent pas forcément les travaux innovants. On le constate d’ailleurs déjà dans la toute nouvelle catégorie Titanium & Integrated, que j’ai présidée cette année à Cannes, où bon nombre des campagnes présentées suivaient le même schéma. Ce qui est tout à fait normal : les créatifs s’inspirent tout naturellement des travaux qui ont déjà remporté des prix. Et il en va de même pour les membres du jury.
Comment sont composées les équipes qui développent les concepts cross-média chez vous ? En règle générale, chez nous aussi, c'est aux rédacteurs et aux directeurs artistiques qu'il revient de trouver les idées. Mais en réalité, les idées proviennent des services les plus divers, car chez nous, toutes les personnes impliquées dans une campagne – et pas seulement les créatifs – sont responsables à 100 % de sa qualité. Il n’y a donc jamais chez nous de situation du type : « Voici le briefing et la stratégie. Faites-en quelque chose. » C’est pourquoi, chez nous, les consultants ou les stratèges ont eux aussi des idées. Et les stratégies peuvent aussi venir des créatifs. Une grande partie de la planification stratégique pour «Truth» (voir encadré) provenait par exemple d’un directeur artistique et d’un producteur d’agence.
En parlant de planification stratégique : quelqu’un a dit un jour que la planification était « une étude de marché menée comme il faut ». Mais quand on voit à quelle fréquence vos campagnes s’appuient sur des insights pertinents, on a l’impression que, chez Crispin Porter + Bogusky, la planification, c’est « une planification stratégique menée comme il faut ».En effet, nous avons beaucoup réfléchi à la planification et à la manière de la rendre aussi efficace que possible, et nous avons constaté que la planification stratégique classique est une démarche extrêmement centrée sur la publicité. Nous avons donc commencé à faire appel à des personnes issues du milieu universitaire, comme des sociologues ou des anthropologues, qui sont parfois tellement géniaux qu’il nous est impossible de les envoyer chez les clients.
Vous pensez que ce sont des geeks ? Eh bien… appelons-les plutôt des chercheurs qui nous aident à comprendre les racines de la culture pop actuelle, afin que nous puissions l'influencer au profit de nos clients. Et puis, nous avons un autre groupe de personnes au sein de notre équipe de planification stratégique qui utilise les méthodes du journalisme d’investigation pour découvrir des informations pertinentes. Cette fertilisation croisée entre stratèges traditionnels, chercheurs et journalistes fonctionne plutôt bien.
Comment abordez-vous les présentations face à la concurrence ? Vous contentez-vous de présenter la stratégie ou montrez-vous également sa mise en œuvre ? Cela varie, mais je préfère présenter également la mise en œuvre créative. Il y a eu une période où nous n'avions pas souvent à faire de présentations, car nous obtenions directement de nouveaux contrats. Mais je ne suis pas sûr que ce fût une bonne chose, car cela nous a peut-être privés de cette sorte d'élan d'énergie dont la bonne publicité a tout simplement besoin.
Et quand vous présentez des campagnes : combien y en a-t-il ? Nous préférons nous en tenir à une seule idée. Celle dont nous sommes vraiment tombés amoureux, car c’est celle qui se décline le plus naturellement. Mais vous devez toujours rester objectif vis-à-vis de cette idée unique. Ce n’est qu’après l’avoir passée au crible que vous pouvez être sûr qu’il s’agit vraiment d’amour et non d’un simple orgasme mental. (Rires.)
Si vous deviez décrire en un seul mot ce qui caractérise une excellente publicité, ce mot serait-il, comme pour Marcello Serpa, « Simplicity » ? Mmh… Question difficile.
Quand on regarde vos propres travaux, ce mot pourrait être « connexion ». C'est en effet un bon mot. La base d'une bonne publicité doit toujours être ce que nous appelons, à l'agence, une « vérité essentielle ». C'est-à-dire quelque chose dans lequel chacun se reconnaît et où notre société se reconnaît. C'est seulement ainsi que la publicité peut vraiment nous toucher.
Miami, Boulder dans les Rocheuses… Pouvez-vous imaginer ouvrir une succursale même dans une ville traditionnellement tournée vers la publicité comme New York ou Londres ? Quand je pense à tous ceux qui nous critiquent simplement parce qu’ils ne nous connaissent pas personnellement, ce ne serait pas une mauvaise idée. En effet, nous sommes très isolés à Miami, et encore plus à Boulder, ce qui rend difficile pour les personnes extérieures de se faire une idée de l’agence. Mais ce que je ne veux en aucun cas, c’est devenir ce directeur créatif mondial qui passe son temps à faire la navette d’une succursale à l’autre sans pour autant pouvoir vraiment apporter son aide.
Dans un entretien que vous avez mené avec Lee Clow, votre grand modèle, celui-ci parle de la publicité comme étant l’un des secteurs les plus répugnants de la planète et explique que l’énergie dont il a besoin pour créer des publicités exceptionnelles lui vient de sa volonté de rendre au moins 5 % de la publicité intelligente. Vous aviez l’air très ému lorsqu’il a dit cela. Partagez-vous son point de vue ? Eh bien… ce n’est pas que j’aie honte d’être publicitaire.
Mais vous avez honte du travail de tant de vos collègues. Pour être honnête, j'ai souvent honte de mon propre travail.
Vous plaisantez. Sérieusement. Quand l'une de nos publicités passe chez moi, je change de chaîne. Surtout quand j'ai de la famille à la maison.
Pourquoi ? Parce que je ne trouve jamais que notre travail est assez bon. Et d’ailleurs, ce qui m’intéresse davantage, c’est l’impact de notre travail plutôt que le travail lui-même. Mais pour en revenir à votre question : je n’ai pas honte d’être publicitaire. Mais je pense que je n’ai aucun respect pour la publicité traditionnelle. Cela ne veut pas dire que je méprise les gens qui font ce genre de publicité. Mais je suis tout simplement en colère contre le caractère généralement envahissant et stupide de la publicité. C’est pourquoi j’adore jouer avec la publicité. Et cela met vraiment en colère beaucoup de gens du secteur. Mais j’ai cessé de m’indigner publiquement contre la mauvaise publicité. J’en ai payé le prix fort en étant considéré comme la figure de proue de la « nouvelle école de la publicité ». Il y a beaucoup de détracteurs de Crispin Porter + Bogusky. C’est devenu une véritable communauté de blogueurs qui n’apprécie pas que je n’aime pas la publicité qui prend les gens pour des idiots.
C'est peut-être pour cela que vous n'avez pas encore de succursale à New York. C'est là que se trouvent les patrons des grands réseaux, à qui vous ravissez régulièrement les meilleurs clients. Vous m'avez percé à jour : je ne suis pas à Miami ni à Boulder pour faire du surf ou du snowboard – je m'y cache simplement pour ne pas me faire tabasser tout le temps. (Rires.) Mais il y a un autre avantage à avoir des succursales à Miami et à Boulder. C’est que là-bas, je ne suis pas vraiment au courant de ce qui se passe dans le secteur de la publicité.
Sérieusement ? Sérieusement. Ça peut paraître bizarre et je ne devrais probablement pas le dire, mais je m'intéresse vraiment le moins possible à la publicité. Bien sûr, j'y suis confronté au quotidien. Je regarde la télé ou je surfe sur Internet. Mais je ne lis pas de revues spécialisées et je ne vais pas à des événements publicitaires.
Avez-vous un autre défaut – si tant est que ce soit vraiment un défaut ? Mon plus grand défaut ? (Réfléchit longuement.) Je n'aime pas les réunions.
En interne ou avec les clients ? Surtout celles avec les clients. Si j'avais davantage l'âme d'un consultant, j'aurais sans doute beaucoup plus de succès ! (Rires.)
À propos du « succès » : pouvez-vous attribuer votre carrière à une décision particulière, sans laquelle vous ne seriez pas là où vous en êtes aujourd’hui ? Honnêtement, je ne pense pas que les décisions aient une telle importance. Ce qui compte, c’est de donner le meilleur de soi-même à chaque étape de son parcours. Et il y a encore autre chose en quoi je crois fermement : trouvez ce qui vous comble vraiment. Cette chose-là que vous aimez vraiment faire, et vous verrez que les bonnes décisions s'imposeront d'elles-mêmes.
Alex Bogusky - Date de naissance : 31 juillet 1963
Situation familiale : marié (deux enfants, âgés de 10 et 7 ans)
Lieu de résidence : Miami et Boulder, Colorado
Formation : graphiste
Première carrière : véliplanchiste professionnel
Dernière distinction : « Agence interactive de l'année » à Cannes
Alex Bogusky
a fait ses débuts dans la publicité à la fin des années 80 au sein d'une agence de Miami qui comptait 16 employés. Aujourd'hui, cette agence s'appelle Crispin Porter + Bogusky et emploie, outre 400 personnes à Miami, 250 autres à Boulder, dans le Colorado. Chaque projet commence toujours par la même question : « Comment ferions-nous la promotion de ce produit ou de cette entreprise s'il n'y avait ni spots télévisés, ni affiches, ni annonces publicitaires, voire si nous n'avions même pas d'argent à consacrer à la publicité ? » La réponse la plus célèbre est sans doute
La réponse à cette question était le site Subservientchicken.com, créé pour Burger King, considéré comme la campagne marketing sans doute la plus efficace de tous les temps. Des millions d'internautes issus de plus de 100 pays ont visité le site – les articles parus dans les médias ont généré une publicité gratuite évaluée à plusieurs millions. » Bogusky y est également parvenu »
avec la campagne antitabac « Truth ». Point culminant à ce jour : 1 200 sacs mortuaires ont été déposés devant le siège d'un fabricant de cigarettes à New York (« 1 200 personnes meurent chaque jour à cause du tabac. Avez-vous déjà songé à faire une pause ? »). La vidéo diffusée sur Internet consacrée à cette action a suscité un énorme retentissement médiatique.
Entretien : Dominik Imseng, concepteur chez Matter & Gretener
