Selon l'agence de presse ATS, le Conseil fédéral constate dans son rapport "Garantir la diversité de la presse" que les études scientifiques permettent de "classer clairement les gagnants et les perdants". "Le plus grand perdant de l'évolution économique depuis la crise financière est le quotidien suprarégional par abonnement, qui maintient un journalisme de qualité dans le domaine des informations politiques".
Le Conseil fédéral constate que ce type de journalisme, qui repose sur des recherches approfondies et offre au public des faits différenciés ainsi que des analyses pondérées, est de plus en plus confronté à des difficultés économiques. Le rapport désigne la baisse de la demande du public et la fuite de la publicité comme les ingrédients de la spirale descendante. La nécessité de faire des économies conduit à des suppressions de postes, celles-ci entraînant une pénurie de ressources qui, à son tour, a pour conséquence une baisse de la qualité journalistique.
Les suppressions de postes menacent la diversité des médias
Les scientifiques mandatés par le Conseil fédéral ont désigné les médias en ligne comme les "vainqueurs éclatants du développement économique". "Ces médias relativement jeunes, rapides et attrayants sont clairement numéro un aux yeux des jeunes générations et constituent donc des médias de référence", constate le Conseil fédéral. C'est pourquoi les médias en ligne sont intéressants pour le secteur publicitaire. Quant à savoir si la fonction des quotidiens, qui est de permettre le processus de formation de l'opinion politique, peut être assurée par d'autres médias, la question reste ouverte pour le Conseil fédéral.
Il ressort également des études que ce n'est pas tant la concentration des médias que les suppressions de postes dans les rédactions qui menacent la diversité des médias. Ainsi, la réduction du personnel entraîne une perte de savoir-faire. Parallèlement, la pénurie de ressources, combinée à la pression de l'actualité et au mode de production multimédia, conduit à un journalisme superficiel et généraliste. Mais Internet menace également la diversité et la qualité du journalisme.
En raison de la pression du temps, les nombreuses possibilités de recherche en ligne ne sont utilisées que de manière superficielle. Une simple recherche sur Google remplace souvent le travail de recherche traditionnel, ce qui se répercute défavorablement sur la qualité et la diversité du contenu des reportages, peut-on lire dans le rapport. La concurrence des médias en ligne entraîne une pression temporelle accrue dans tous les médias. "Les nouvelles sont publiées de plus en plus rapidement et de manière de plus en plus non filtrée".
Le Conseil fédéral constate en outre qu'Internet a renforcé l'autoréférence du système médiatique. Les journalistes s'orientent apparemment encore plus qu'avant sur les publications de la concurrence. Ce phénomène entraîne un nouveau recul de la diversité des contenus. (ATS)