C'est ce qui ressort d'une étude commandée par l'Office fédéral de la communication (OFCOM) et publiée vendredi - l'une des six sur l'avenir des médias en Suisse. Les études proviennent principalement de l'Université de Zurich ainsi que de la Haute école zurichoise des sciences appliquées et d'Ecoplan.
Les organisations d'intérêts de la branche des médias ont jusqu'au 11 mars pour prendre position sur les six études commandées suite à un postulat du conseiller national Hans-Jürg Fehr (PS/SH). Le postulat demande un rapport du Conseil fédéral sur les chances d'avenir des médias imprimés. Dans le contexte d'une tendance à la convergence accrue des médias, l'OFCOM a élargi la question formulée par le conseiller national Fehr et a commandé des études scientifiques sur la situation de la presse et des médias électroniques. Sur la base des résultats de ces recherches, le Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) rédigera un rapport. Ce rapport sera vraisemblablement traité par le Conseil fédéral avant les vacances d'été 2011.
La radio et la télévision peuvent se maintenir
Les prévisions de la demande du public jusqu'en 2015 donnent une image différenciée pour la presse écrite, la radio, la télévision et les médias en ligne, peut-on lire dans l'une des études de plusieurs centaines de pages. Le recul des titres de la presse commerciale se poursuivra et le tirage quotidien moyen continuera de baisser. En revanche, il faut s'attendre à un niveau relativement constant de l'utilisation de la radio sur la période de prévision. Les différences entre les régions du pays, avec une utilisation plus élevée de la radio en Suisse alémanique et de la télévision en Suisse latine, persisteraient.
En ce qui concerne la presse écrite, il faut s'attendre à des processus de concentration encore plus nombreux et à des extensions des systèmes de journaux à couverture et de journaux de tête, alors que les ressources sont limitées. La presse par abonnement, en particulier, souffrirait de l'effondrement des chiffres de tirage, de la pénétration et des recettes publicitaires.
Hausse hésitante de la publicité
On peut tout de même s'attendre à une évolution un peu plus positive des recettes publicitaires d'ici 2015, après les années de crise 2008 et 2009. Selon les auteurs, cela vaut en particulier pour la radio, qui a mieux résisté à la crise que la presse. Dans l'ensemble, on peut prévoir une reprise progressive et une augmentation hésitante. Cette évolution positive est toutefois due en grande partie à la reprise conjoncturelle attendue plutôt qu'à des influences structurelles.
Pour la presse, il faut s'attendre à une nouvelle baisse des recettes publicitaires malgré la reprise conjoncturelle. Les dernières statistiques sur les annonces sont toutefois optimistes et le passé a montré que les recettes publicitaires de la presse écrite et de la radio ont tendance à se comporter de la même manière. Il est donc possible que les prévisions mathématiques pour la presse écrite donnent une image trop pessimiste de l'évolution des recettes publicitaires.