Ralf Doller travaille depuis plus de douze ans dans le domaine du marketing direct. Il n'aime pas entendre le mot "marketing direct". Il préfère le terme de designer de dialogue, car il exprime ce dont il s'agit aujourd'hui : des campagnes à plusieurs niveaux qui font d'un client potentiel un client intéressé et qui le conservent comme client existant. Pour ce faire, l'agence qu'il a fondée, Interagis.com, travaille hors ligne et en ligne dans l'esprit du "marketing interactif".
Ralf Doller a été copropriétaire d'Alex Schmid Direct pendant des années avant de se mettre à son compte il y a 18 mois. Depuis, il a volontairement gardé sous le coude les annonces de succès autour de son interagis.com. Pourtant, "il s'est passé beaucoup de choses".
interagis.com a trouvé de nouveaux bureaux dans une maison pleine d'entreprises créatives à la Hornbachstrasse de Zurich. En plus des quatre collaborateurs permanents, il faut régulièrement faire appel à des spécialistes indépendants. Parmi les premiers clients, on trouve Allianz Suisse, Visana, Sunrise, RE/MAX et l'organisation touristique Engadin St. "Pour travailler pour des marques de premier plan, nous devons comprendre la campagne publicitaire afin de pouvoir développer des solutions qui conduisent à la réponse correspondante. Cela fait de nous un partenaire idéal pour les agences de publicité", explique le designer de dialogue qui entretient de bons contacts avec les agences.
Ralf Doller a terminé ses études de gestion d'entreprise à Saint-Gall en 1986 avec un mémoire sur le marketing direct. Avant même d'entrer dans le monde du travail, il se montrait déjà fasciné par la discipline du direct. C'est avec "une grande euphorie" que Doller a fondé l'association d'étudiants Com,ma. Pour cette communauté d'intérêts autour de la communication et du marketing, il organisait des visites d'entreprises et décrochait les premiers contrats de marketing pour les étudiants. Le point culminant fut un voyage d'étudiants à New York. "La tradition voulait qu'à Saint-Gall, on fasse un voyage au huitième semestre. Mais nous avons été les premiers à nous envoler pour l'Amérique", se réjouit-il encore aujourd'hui. Dans la Grosse Pomme, les Suisses voulaient absolument voir une agence de publicité américaine et ont trouvé portes ouvertes chez TBWA. L'une des autres visites a eu lieu chez City Bank, connue pour ses campagnes de marketing.
En Suisse, les étudiants ont été invités au symposium de marketing direct de Montreux. "Nous avons pu y participer parce que notre professeur Weinhold prédisait un grand avenir au marketing direct et que cette discipline jouait un rôle proportionnellement important dans son institut". Jusqu'à 3'000 spécialistes du DM du monde entier ont fait le pèlerinage à Montreux. Des entreprises de renom comme IBM y ont présenté des projets réussis. Dans le vaste monde du marketing, il y a d'autres disciplines que la publicité classique, pensait-il à l'époque.
Grâce à son activité de président de la Com,ma, Doller est entré en contact avec de nombreuses entreprises. Immédiatement après ses études, il a reçu une offre de Metro International. En tant que stagiaire, Doller a voulu mettre pour la première fois ses théories en pratique au sein de la holding des marchés Metro à Baar. Son "euphorie post-études" a toutefois été freinée par des praticiens qui "savaient mieux" tout depuis toujours. Malgré tout, il ne regrette pas cette expérience : "Pour réussir dans le marketing, il faut avoir été soi-même en première ligne de la vente au moins une fois dans sa vie".
Au bout d'un an, Ralf Doller a rejoint Siemens. Il y a encore une fois appris beaucoup de choses nouvelles en tant qu'assistant de direction dans le domaine du marketing. "Le directeur du marketing était un commercial aguerri et connaissait la vente sur le bout des doigts. J'ai pu accompagner ses succès et apporter la théorie", se souvient Doller de son épanouissement au sein d'un "merveilleux tandem".
Pourtant, avec le temps, le monde de Siemens est devenu trop technique pour lui. "A l'époque, celui qui n'était pas ingénieur n'avait pas d'avenir dans cette culture d'entreprise". Doller voyait plus d'opportunités dans le monde des agences. Il a d'abord travaillé chez Marc Rutschmann, où il s'occupait surtout des banques cantonales, puis il a rapidement trouvé le chemin d'Alex Schmid Direct, où il a été copropriétaire et conseiller senior pendant onze ans. "C'était une époque formidable de passer d'une petite agence à une taille imposante et de s'occuper de marques de premier plan".
Schmid et Doller étaient déjà des camarades d'études à Saint-Gall. Au début, ils ont grandi dans leur agence commune, notamment grâce à leurs travaux pour le Crédit Suisse. C'était l'époque où les agences de marketing direct devaient aussi, pour la première fois, se pencher sur les marques et les idées de campagnes afin de développer des propositions de solutions dans le cadre de ces campagnes. "C'était nouveau pour la branche qui, jusqu'à présent, s'était obstinée à miser sur les expériences passées et n'avait aucune compréhension pour une utilisation concertée de différents médias", estime Doller qui, en 2005, a également pu siéger pour sa branche au sein du jury des Cannes Lions.
Design de dialogue au lieu de promotion des ventes
Les campagnes proches des ventes sont encore très demandées aujourd'hui. Mais : "Alors qu'auparavant, les consommateurs réagissaient bien à chaque promotion de vente en raison des marchés non encore saturés, des campagnes à plusieurs niveaux sont aujourd'hui nécessaires", sait Doller. Comme chaque campagne peut être menée par les voies les plus diverses, Doller a voulu - au lieu de faire des compromis - réaliser de plus en plus ses propres idées. C'est pourquoi il a créé Interagis.com. Comme son nom l'indique, Internet a ici une plus grande importance que dans les activités antérieures de Doller. "Souvent, une campagne commence sur Internet et est maintenue sur Internet", explique-t-il. Concrètement, Doller parle de portails participatifs, de services d'information RSS ou de widgets, de services de messagerie, de blogs et de micro-sites de campagne.
"En raison d'un marché dix fois plus grand, ces techniques ont toujours été un peu plus sophistiquées en Allemagne que chez nous en Suisse". C'est pour cette raison qu'il était important pour Ralf Doller de transférer le savoir-faire allemand en Suisse. "Grâce à l'expérience acquise sur les grands marchés, de nombreuses agences étrangères en savent tout simplement plus qu'ici en Suisse". Il faisait donc partie du concept de sa création de chercher une collaboration avec un grand acteur international. Après avoir évalué trois "réseaux très renommés", Interagis.com travaille aujourd'hui avec Interone Worldwide du réseau BBDO. La coopération est simple et n'exige pas de Doller un reporting vers l'Allemagne. Il peut cependant compter sur les spécialistes internationaux du réseau lorsqu'il s'agit d'expériences de marque interactives ou de présentations web qui doivent fonctionner dans différentes langues dans le monde entier. Interone emploie plus de 600 personnes dans le monde entier. Doller est le représentant de ce partenaire pour la Suisse et a déjà visité plusieurs clients potentiels avec le CEO Marcus Kikisch. "Je peux ouvrir le marché pour Interone. Toujours dans l'optique que les groupes ayant un siège social en Suisse recherchent une agence internationale".
Lorsque Ralf Doller s'est mis à son compte, il s'est fixé une date butoir pour informer les médias de sa nouvelle activité. "Sans un grand nom derrière moi, je voulais d'abord voir si cela fonctionnait", révèle-t-il. Mais aujourd'hui, Doller est fier qu'Interagis.com réussisse à s'imposer sur le marché. "C'est un travail plaisant de mettre quelque chose en place de manière autonome. Surtout parce que nos clients ne sont pas des contacts d'autrefois, mais de nouvelles acquisitions". De plus, il règne dans son agence une ambiance très conviviale. "Nous rions beaucoup et sommes constamment d'humeur à boire du champagne, même si nous n'en buvons pas", se réjouit-il.
Andreas Panzeri