La CSL crée une directive contre l'écoblanchiment

À partir de quand une publicité commerciale relève-t-elle du « greenwashing » ? La Commission suisse de loyauté est de plus en plus souvent confrontée à cette question. Une nouvelle directive vise désormais à clarifier la situation.

Image : Eddie Iglesias ; Unsplash.

La Commission Suisse pour la Loyauté (CSL) a mis en place une nouvelle Directive sur le thème de la publicité liée à l'environnement ou au climat. La directive précise les exigences qui doivent être remplies lorsqu'une entreprise fait de la publicité avec des arguments environnementaux, c'est-à-dire qu'elle pratique le marketing vert. Les annonceurs reçoivent des indications sur ce dont ils doivent tenir compte et sur ce qui est pertinent pour la CSL dans une éventuelle procédure de plainte.

Avec cette directive, la Suisse dispose pour la première fois de points de repère concrets sur ce à quoi il faut faire attention dans la communication commerciale ayant un rapport avec l'environnement ou utilisant des arguments environnementaux, afin que les exigences du droit de la concurrence soient remplies. "La directive est un guide pour une action positive et loyale, donc pas une directive d'interdiction", explique Reto Inglin, secrétaire juridique de la Commission pour la loyauté.

Les plaintes pour écoblanchiment augmentent

Si la CSL traite depuis de nombreuses années des plaintes dans le domaine du marketing vert, on constate ces derniers temps une augmentation des plaintes correspondantes. Certains cas attirent beaucoup l'attention, comme par exemple la décision de la CSL publiée en juin dernier en rapport avec la communication de la FIFA sur la neutralité climatique de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar. La nouvelle directive résume la jurisprudence actuelle de la CSL dans ce domaine et intègre les développements internationaux, notamment la directive européenne sur les allégations environnementales. Il ne s'agit pas ici de reprendre le droit de l'UE, mais d'intégrer ponctuellement des réflexions menées au niveau international concernant la promotion de la transparence, de la clarté et de la véracité dans la communication.

Un groupe de travail interne de la Commission pour la loyauté avait examiné si une adaptation des principes de la CSL était nécessaire. Il est arrivé à la conclusion que les bases juridiques existantes étaient suffisantes pour pouvoir examiner la loyauté des communications commerciales ayant un lien avec l'environnement.

La nouvelle directive ne crée donc pas de nouvelles règles, mais concrétise les exigences permettant de déterminer quand le marketing vert satisfait aux exigences de vérité et de clarté du droit de la concurrence déloyale. "Notre objectif est de créer des directives claires. Nous sommes convaincus que cela sera d'une grande utilité pour tous les acteurs de la communication commerciale", explique Reto Inglin.

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