Les taxes subventionnent les spots
Une table ronde organisée par SW à Lugano met en lumière les écueils de la nouvelle loi sur la radio et la télévision
Une table ronde de SW à Lugano montre les pièges de la nouvelle loi sur la radio et la télévisionPiero Schäfer*32 parlementaires ainsi que 35 représentants de la branche des médias et de la communication ont participé à Lugano à une table ronde sur la nouvelle loi sur la radio et la télévision (LRTV) organisée par la Fédération Publicité Suisse (SW). Conclusion : la loi reste controversée.
Après la dernière rencontre des parlementaires de SW à Berne, le conseiller aux Etats tessinois Filippo Lombardi avait suggéré de poursuivre la série de discussions lors de la session à Lugano. La LRTV a réussi à mobiliser un nombre remarquable de personnes intéressées : Plus de 60 invités se sont rendus à l'Hôtel de la Paix.
Après que Marc Furrer, directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM), ait esquissé le concept de la nouvelle loi, Armin Walpen, directeur général de la SSR, a fait l'éloge de la base du texte de loi. Elle est excellente, car elle reflète exactement les réalités de la Suisse. Même s'il aurait souhaité que le mandat de prestations de la SSR soit un peu moins exigeant, Armin Walpen a salué le mandat clair concernant le service public. Le directeur général de la SSR juge également positive l'intention du législateur de continuer à financer la SSR dans le domaine de la télévision à la fois par le biais des concessions et de la publicité. Walpen voit surtout des problèmes dans les normes de mise en œuvre. Par rapport à la situation actuelle, plusieurs restrictions et contrôles seraient prévus. Il se demande notamment si l'Etat ne se charge pas de responsabilités qui le dépassent en fin de compte.
Tamedia veut douze minutes de publicité par heure
Christian Staerkle, président de l'Association des radios privées suisses (VPS), a salué l'idée du dualisme pour les radios (redevance pour la SSR, publicité pour les privés). Il s'est toutefois demandé si la proposition de distribution limitée de l'argent des concessions aux radios situées dans les régions de montagne était la bonne. Staerkle estime que les interdictions de publicité (par exemple pour les boissons alcoolisées) pour les radios suisses sont absurdes tant que les stations étrangères peuvent faire de la publicité transfrontalière pour des produits qui sont interdits dans notre pays.
Sur le fond, Staerkle estime que le projet de LRTV est praticable. Il émet davantage de réserves concernant la télévision. Ici, le dualisme n'est malheureusement pas prévu. Cela conduit à une distorsion du marché : comme la SSR n'est pas financée uniquement par la publicité, mais aussi par la redevance, elle peut dicter les prix des spots sur le marché. En d'autres termes, la redevance subventionne en quelque sorte les prix spot.
La consultation sur la LRTV se déroule jusqu'à fin avril. Actuellement, de plus en plus d'associations et de groupes d'intérêts publient leurs prises de position à ce sujet. Tamedia avait envoyé son document un jour avant la manifestation SW. L'opérateur de TV 3 y demande une redistribution du temps de publicité (modèle asymétrique) : La SSR devrait être autorisée à faire de la publicité pendant six minutes par heure, alors que les chaînes privées devraient être autorisées à en faire pendant douze minutes.
Selon Armin Walpen, cette asymétrie ferait perdre à la SSR environ 150 millions de francs de recettes publicitaires, ce qui correspond à peu près aux dépenses pour le programme tessinois. En outre, il ne ressort pas du document si la réduction de moitié s'applique uniquement aux chaînes de la DRS ou également aux chaînes de télévision de Suisse romande et du Tessin. Le patron de la SSR doute que ces 150 millions de francs atterrissent effectivement dans la caisse des privés suisses. "La publicité a la fâcheuse habitude de ne pas aller là où elle en a le droit, mais là où elle pense trouver son public cible", a-t-il constaté.
Le directeur de l'OFCOM, Marc Furrer, est lui aussi certain qu'avec la proposition de Tamedia, la publicité irait beaucoup plus aux grandes chaînes étrangères. "Nous ne sommes pas altruistes au point de faire une loi qui favorise en principe les chaînes privées allemandes et françaises", a-t-il déclaré.
A la fin de l'année dernière, le conseiller aux Etats et président de SW, Carlo Schmid-Sutter, avait déposé une initiative prévoyant une libéralisation de la publicité par interruptions et de la publicité pour les alcools légers destinée aux particuliers. Interrogé sur cette initiative, Walpen s'est montré généreux. La SSR serait prête à renoncer à cette possibilité au profit des "amis de la concurrence commerciale". Walpen voit également quelque chose de choquant dans le fait que des chaînes étrangères puissent faire de la publicité pour des produits alcoolisés en Suisse. Dans ce sens, le directeur général de la SSR soutient la proposition du président de la SW.
*Piero Schäfer est
Directeur de la communication SW
Peu de réactions pour l'instant
Après la dernière rencontre des parlementaires de SW à Berne, le conseiller aux Etats tessinois Filippo Lombardi avait suggéré de poursuivre la série de discussions lors de la session à Lugano. La LRTV a réussi à mobiliser un nombre remarquable de personnes intéressées : Plus de 60 invités se sont rendus à l'Hôtel de la Paix.
Après que Marc Furrer, directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM), ait esquissé le concept de la nouvelle loi, Armin Walpen, directeur général de la SSR, a fait l'éloge de la base du texte de loi. Elle est excellente, car elle reflète exactement les réalités de la Suisse. Même s'il aurait souhaité que le mandat de prestations de la SSR soit un peu moins exigeant, Armin Walpen a salué le mandat clair concernant le service public. Le directeur général de la SSR juge également positive l'intention du législateur de continuer à financer la SSR dans le domaine de la télévision à la fois par le biais des concessions et de la publicité. Walpen voit surtout des problèmes dans les normes de mise en œuvre. Par rapport à la situation actuelle, plusieurs restrictions et contrôles seraient prévus. Il se demande notamment si l'Etat ne se charge pas de responsabilités qui le dépassent en fin de compte.
Tamedia veut douze minutes de publicité par heure
Christian Staerkle, président de l'Association des radios privées suisses (VPS), a salué l'idée du dualisme pour les radios (redevance pour la SSR, publicité pour les privés). Il s'est toutefois demandé si la proposition de distribution limitée de l'argent des concessions aux radios situées dans les régions de montagne était la bonne. Staerkle estime que les interdictions de publicité (par exemple pour les boissons alcoolisées) pour les radios suisses sont absurdes tant que les stations étrangères peuvent faire de la publicité transfrontalière pour des produits qui sont interdits dans notre pays.
Sur le fond, Staerkle estime que le projet de LRTV est praticable. Il émet davantage de réserves concernant la télévision. Ici, le dualisme n'est malheureusement pas prévu. Cela conduit à une distorsion du marché : comme la SSR n'est pas financée uniquement par la publicité, mais aussi par la redevance, elle peut dicter les prix des spots sur le marché. En d'autres termes, la redevance subventionne en quelque sorte les prix spot.
La consultation sur la LRTV se déroule jusqu'à fin avril. Actuellement, de plus en plus d'associations et de groupes d'intérêts publient leurs prises de position à ce sujet. Tamedia avait envoyé son document un jour avant la manifestation SW. L'opérateur de TV 3 y demande une redistribution du temps de publicité (modèle asymétrique) : La SSR devrait être autorisée à faire de la publicité pendant six minutes par heure, alors que les chaînes privées devraient être autorisées à en faire pendant douze minutes.
Selon Armin Walpen, cette asymétrie ferait perdre à la SSR environ 150 millions de francs de recettes publicitaires, ce qui correspond à peu près aux dépenses pour le programme tessinois. En outre, il ne ressort pas du document si la réduction de moitié s'applique uniquement aux chaînes de la DRS ou également aux chaînes de télévision de Suisse romande et du Tessin. Le patron de la SSR doute que ces 150 millions de francs atterrissent effectivement dans la caisse des privés suisses. "La publicité a la fâcheuse habitude de ne pas aller là où elle en a le droit, mais là où elle pense trouver son public cible", a-t-il constaté.
Le directeur de l'OFCOM, Marc Furrer, est lui aussi certain qu'avec la proposition de Tamedia, la publicité irait beaucoup plus aux grandes chaînes étrangères. "Nous ne sommes pas altruistes au point de faire une loi qui favorise en principe les chaînes privées allemandes et françaises", a-t-il déclaré.
A la fin de l'année dernière, le conseiller aux Etats et président de SW, Carlo Schmid-Sutter, avait déposé une initiative prévoyant une libéralisation de la publicité par interruptions et de la publicité pour les alcools légers destinée aux particuliers. Interrogé sur cette initiative, Walpen s'est montré généreux. La SSR serait prête à renoncer à cette possibilité au profit des "amis de la concurrence commerciale". Walpen voit également quelque chose de choquant dans le fait que des chaînes étrangères puissent faire de la publicité pour des produits alcoolisés en Suisse. Dans ce sens, le directeur général de la SSR soutient la proposition du président de la SW.
*Piero Schäfer est
Directeur de la communication SW
Peu de réactions pour l'instant
Quelque 170 associations et organisations ont été invitées à participer à la consultation sur la nouvelle LRTV. Jusqu'à présent, ce sont surtout des associations peu concernées par la loi qui se sont exprimées. Selon Furrer, les réactions sont tout à fait critiques. Ce n'est pas étonnant : la loi provoque. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a toujours dit qu'il ne voulait pas discuter en amont avec les associations. Il tirera ses conclusions plus tard. Toujours est-il que le modèle de base du système dual, une SSR forte et un régime plus libéral pour les privés, est largement approuvé, selon le chef de l'OFCOM Marc Furrer.
