Le Conseil de la presse donne raison au Tages-Anzeiger

Les journalistes ont-ils le droit de publier prématurément le projet confidentiel d'un rapport d'enquête si celui-ci doit de toute façon être rendu public dans quelques semaines ? Pour le Conseil de la presse, tout dépend de l'existence d'un intérêt public majeur pour les informations qu'il contient.

En outre, il est décisif de savoir s'il y a lieu de craindre que la publication anticipée porte atteinte à des intérêts particulièrement dignes de protection. A la fin de l'été 2012, le Tages-Anzeiger a publié des informations confidentielles tirées du projet de rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les incidents autour de la caisse d'assurance des fonctionnaires du canton de Zurich (BVK) qui lui avait été transmis. Le Grand Conseil du canton de Zurich a déposé une plainte pénale et s'est plaint auprès du Conseil suisse de la presse que le Tages-Anzeiger - et en plus la Weltwoche - avaient enfreint les dispositions du code des journalistes relatives à la publication d'informations confidentielles. Il aurait été possible et raisonnable pour les deux médias d'attendre la publication du rapport prévue avant les vacances d'automne.

Le Conseil de la presse rejette la plainte, comme il l'indique dans un communiqué. Dans le cas de la Weltwoche, il n'est pas établi que le magazine ait disposé du document confidentiel et qu'il l'ait cité au-delà de la reprise de formulations du Tages-Anzeiger. Quant au Tages-Anzeiger, le Conseil de la presse estime légitime qu'il n'ait pas attendu plus d'un mois avant de publier, vu le grand intérêt public pour le thème de la BVK - quelques jours auraient été raisonnables. D'autant plus que l'on ne voit pas dans quelle mesure la publication anticipée aurait porté atteinte à des intérêts extrêmement dignes de protection.
 

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