Souris botoxées : le Tribunal fédéral rejette le recours de la SSR
Dans une émission spéciale consacrée au Botox, la télévision suisse a omis, à tort, de mentionner que des centaines de milliers de souris meurent lors d'expériences sur les animaux pour la production de cette neurotoxine. Selon le Tribunal fédéral, le principe d'exactitude a été violé.
Le 2 janvier 2012, la télévision suisse avait diffusé une émission spéciale sur la toxine botulique (Botox) dans le magazine de santé "Puls". Le public a été informé entre autres sur les possibilités d'utilisation médicale et cosmétique, ainsi que sur le marché de plusieurs milliards pour les fabricants.
Aspect nécessaire
En 2012, l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a conclu, sur plainte de l'association Verein gegen Tierfabriken (VgT), que les expériences sur les animaux nécessaires dans le cadre du Botox auraient dû être abordées dans le cadre de cette émission. En omettant les indications correspondantes, l'obligation d'informer de manière appropriée a été violée. Le Tribunal fédéral a confirmé cette décision et rejeté le recours de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR). Selon les juges de Lausanne, la décision de l'AIEP est défendable, contrairement à l'avis de la SSR. Le reportage en question a été annoncé comme une émission spéciale consacrée uniquement au Botox. Le téléspectateur pouvait donc partir du principe qu'il serait informé de tous les aspects nécessaires pour lui en tant que patient ou consommateur.
Influencer l'opinion des clients
L'information selon laquelle on estime que plusieurs centaines de milliers de souris meurent chaque année lors d'expériences sur animaux avec le Botox n'aurait pas dû être ignorée. Le fait que plus la consommation de Botox augmente, plus les expériences sur animaux sont nécessaires, aurait été de nature à influencer l'attitude des clients potentiels. Selon le tribunal, on peut attendre d'un magazine qui met en avant sa fonction de service et de conseil qu'il ne passe pas sous silence l'aspect des expériences sur les animaux. Ce n'est qu'en mentionnant la souffrance animale liée à la production de Botox que le public aurait pu se faire sa propre opinion complète.
Le fait que cinq ans auparavant, le magazine des consommateurs "Kassensturz" ait abordé le problème de l'expérimentation animale avec le Botox n'y change rien. Il ne suffit pas non plus qu'un article critique sur l'expérimentation animale ait été publié sur le site Internet de la SSR en complément de l'émission Puls. (ATS)
