L'économie de marché, un modèle en voie de disparition
Commentaire de l'invité Le résultat de la votation à Bâle-Campagne a valeur de signal, estime Piero Schäfer.
Commentaire de l'invité Le résultat de la votation à Bâle-Campagne a valeur de signal, estime Piero Schäfer.Le résultat est extrêmement clair. Plus des deux tiers des votants du canton de Bâle-Campagne se sont prononcés contre l'affichage publicitaire pour le tabac et l'alcool (à l'exception de la bière et du vin). Ce résultat surprend tout au plus par sa clarté : en l'espace d'une bonne dizaine d'années, l'humeur du peuple a changé à 180 degrés. En 1993, les initiatives jumelles avaient été rejetées dans les mêmes proportions. Qu'est-ce qui a changé depuis ? L'OFSP a fait un bon travail. Ses protagonistes ont réussi à diaboliser la publicité. Avec des arguments qui sont en partie réfutables, mais qui n'ont jamais été remis en question. A cela s'ajoutent un ras-le-bol général de la publicité, le "politiquement correct" et un désintérêt de la branche qui semble incroyable. Ceux qui ne sont pas directement concernés par les interdictions de publicité prennent connaissance des efforts des politiques avec un haussement d'épaules.
La solidarité ou la défense des droits fondamentaux ne font pas partie du quotidien. Et une fois que l'industrie du tabac s'est elle aussi résignée à ce qui semblait inéluctable, la SW s'est retrouvée seule face au vent contraire.
Le peuple a décidé, nous devons l'accepter. Nous le faisons peut-être même avec un certain soulagement. Car même si nous restons convaincus que les interdictions de publicité sont disproportionnées et ne servent à rien, la lutte solitaire contre les moulins à vent a coûté pas mal de substance. Les accusations portées contre les défenseurs des droits constitutionnels et l'insinuation permanente de malveillance ont laissé des traces.
Le résultat de Bâle-Campagne est une invitation à poursuivre les efforts de ce type. Ce n'est qu'une question de temps avant que les autres cantons interdisent également la publicité pour le tabac et les boissons alcoolisées. Ils n'ont plus à craindre d'opposition politique.
Outre le fait que cette approche fédéraliste nuit à la sécurité juridique, on peut se demander dans quelle mesure le résultat aura un impact sur la politique future, étant donné que l'attention du lobby de la santé se porte déjà sur d'autres produits nocifs pour la santé. Les aliments gras et les tentations sucrées sont au premier plan.
Si l'on ne parvient pas alors à former un large front contre un nouveau démantèlement de la liberté de communication, il faudra peu à peu se familiariser avec l'idée que l'économie de marché est un modèle en voie de disparition. Et le plus étonnant, c'est qu'une partie considérable des politiciens bourgeois ne s'en préoccupent guère.
Piero Schäfer est chargé de la communication de Publicité Suisse SW.
La solidarité ou la défense des droits fondamentaux ne font pas partie du quotidien. Et une fois que l'industrie du tabac s'est elle aussi résignée à ce qui semblait inéluctable, la SW s'est retrouvée seule face au vent contraire.
Le peuple a décidé, nous devons l'accepter. Nous le faisons peut-être même avec un certain soulagement. Car même si nous restons convaincus que les interdictions de publicité sont disproportionnées et ne servent à rien, la lutte solitaire contre les moulins à vent a coûté pas mal de substance. Les accusations portées contre les défenseurs des droits constitutionnels et l'insinuation permanente de malveillance ont laissé des traces.
Le résultat de Bâle-Campagne est une invitation à poursuivre les efforts de ce type. Ce n'est qu'une question de temps avant que les autres cantons interdisent également la publicité pour le tabac et les boissons alcoolisées. Ils n'ont plus à craindre d'opposition politique.
Outre le fait que cette approche fédéraliste nuit à la sécurité juridique, on peut se demander dans quelle mesure le résultat aura un impact sur la politique future, étant donné que l'attention du lobby de la santé se porte déjà sur d'autres produits nocifs pour la santé. Les aliments gras et les tentations sucrées sont au premier plan.
Si l'on ne parvient pas alors à former un large front contre un nouveau démantèlement de la liberté de communication, il faudra peu à peu se familiariser avec l'idée que l'économie de marché est un modèle en voie de disparition. Et le plus étonnant, c'est qu'une partie considérable des politiciens bourgeois ne s'en préoccupent guère.
Piero Schäfer est chargé de la communication de Publicité Suisse SW.
