Worldwebforum 2018 à Zurich : succès pour "l'autre WEF".
C'est un conseiller fédéral remarquablement détendu, Johann Schneider-Ammann, qui a ouvert le forum et s'est exprimé sur le thème de la conférence de cette année, "End of Nation". Il ne soutient pas la fin de l'État-nation pour deux raisons : d'une part, a déclaré Schneider-Ammann avec un clin d'œil, parce qu'il ne veut pas critiquer son employeur (et il a besoin de son travail, comme nous tous). Mais il a également souligné dans son discours qu'une nation n'est pas un récipient abstrait, mais qu'elle contribue fortement à représenter et à garantir des aspects tels que la culture, les valeurs et l'appartenance pour les personnes. Il a ensuite posé une question rhétorique à l'auditoire : "Vous sentiriez-vous à l'aise avec un passeport Google ? Ou aimeriez-vous être citoyen d'Amazon" ?
La numérisation est venue pour rester
Les exposés qui ont suivi n'ont pas présenté de nouvelles idées époustouflantes, mais une chose a attiré l'attention : Que des déclarations similaires des années précédentes deviennent de plus en plus concrètes et soulignent toute la force et la dynamique de la numérisation. Un orateur a comparé la transformation numérique à l'attraction terrestre (gravitation) et a déclaré qu'il y avait encore des gens qui voulaient lutter contre cette "gravitation numérique".L'intervention de Lino Guzzella, président de l'ETH Zurich, a clairement montré que la Suisse, en tant que pays, dispose des meilleures conditions pour maîtriser la transformation numérique. La force d'innovation nationale, la puissance économique ainsi que la qualité élevée des institutions de formation mettraient la Suisse dans une bonne position de départ. En même temps, Guzzella a fait remarquer - comme d'autres intervenants - que l'inertie de la Confédération et le manque fréquent de prise de risque sont des obstacles sérieux à un développement prospère. Selon lui, le rôle de son EPF est de préparer les diplômés à une carrière dans des systèmes économiques flexibles et de plus en plus incertains.
Apprendre le plaisir de l'échec
Le plaisir de l'échec - comme le proclame à plusieurs reprises Elon Musk de Tesla - ne fait définitivement pas encore partie de l'ADN suisse. Comment cela pourrait-il changer ? Nancy Pfund, une investisseuse expérimentée de la Silicon Valley, a lancé un appel passionné : en prenant l'exemple du constructeur de voitures électriques Tesla, elle a clairement démontré que ses méthodes de sélection des investissements en capital-risque sont solides et durables. Dès 2006, elle avait soutenu l'entreprise en tenant compte du risque d'échec et en misant non pas sur le court terme mais sur le long terme. Cela demande du courage, de la confiance et parfois beaucoup de persévérance.
"Parks, not parking lots"
David Le, de Lyft à San Francisco, le plus grand concurrent d'Uber, a clairement expliqué la "contribution au sens" d'une entreprise de partage comme Lyft.
"Compromising kills innovation"
Le thème de l'innovation a sans aucun doute fait l'objet de nombreuses discussions lors du Worldwebforum 2018. Glenn Gore d'Amazon Webservices a fait une citation pertinente à ce sujet : "Compromising kills innovation" - les compromis tuent l'innovation. Il voulait dire par là que dans le quotidien des affaires, une culture constructive du conflit avec des gagnants et des perdants est indispensable si les entreprises veulent continuer à se développer. Les "Suisses en quête d'harmonie" devraient y prêter une attention particulière. Un autre intervenant a lancé à l'auditoire que la Suisse et l'Europe avaient besoin de plus de chaos géré pour stimuler l'innovation. Il sera intéressant de tirer un premier bilan à ce sujet lors du Worldwebforum en janvier 2019.*Christoph Oggenfuss, architecte front office, CE-Owner markITing ag Zurich.
