AIEP : présentation pertinente de théories du complot
Dans le cadre de ses délibérations publiques de jeudi à Bienne, l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a rejeté des plaintes contre deux émissions de la télévision SRF.

Selon l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision, ni le magazine scientifique "Einstein", avec une édition consacrée aux théories du complot, ni l'émission de débat "Schawinski", avec le conseiller national Andreas Glarner comme invité, n'enfreignent les dispositions du droit des programmes.
La naissance et le fonctionnement des théories du complot ont été au centre du magazine scientifique "Einstein" de la SRF du 26 janvier 2017. Quatre reportages interdépendants ont abordé des aspects liés à ce phénomène d'actualité sociale et politique. Dans la plainte populaire déposée à ce sujet, il a notamment été reproché à Daniele Ganser, un historien et chercheur reconnu, d'avoir été qualifié de théoricien de la conspiration et d'avoir été mis en relation avec des crimes nazis. L'AIEP a considéré ces griefs comme infondés. Les informations nécessaires à la formation d'une opinion libre sur les travaux de recherche de Daniele Ganser, et notamment sur sa critique de la version officielle des attentats du 11 septembre, ont été communiquées au public. Celui-ci a également appris de manière compréhensible pourquoi un expert interrogé qualifie Daniele Ganser de théoricien de la conspiration et quel est le point de vue de Ganser à ce sujet. Les différents aspects des théories du complot ont été correctement présentés et séparés les uns des autres de manière transparente. Daniele Ganser n'a en aucun cas été mis en relation avec les crimes nazis et en particulier avec la persécution des Juifs. Le principe d'objectivité n'a donc pas été violé.
L'invité de l'émission de débat "Schawinski" du 27 février 2017 était le conseiller national argovien Andreas Glarner. Dans la plainte populaire déposée contre la diffusion de l'émission, il a été affirmé que l'animateur Roger Schawinski avait cloué au pilori Andreas Glarner par des déclarations erronées, une approche unilatérale et des insultes. Le seul objectif de l'émission était de démonter l'invité et de le mettre à mal. L'AIEP a examiné la plainte notamment sous l'angle de l'exactitude des faits et du respect de la dignité humaine. Au cours de l'émission, Roger Schawinski et Andreas Glarner se sont livrés à un véritable échange verbal avec des provocations réciproques. Le politicien, manifestement très à l'aise avec les médias, a eu suffisamment d'occasions de prendre position sur les reproches de l'animateur et d'exposer son point de vue. L'AIEP a également considéré que les remarques du présentateur sur sa situation personnelle n'étaient pas encore contraires au droit des programmes.
Enfin, l'AIEP a rejeté une plainte contre un article en ligne de la Radio Televisione Svizzera italiana RSI concernant un incident violent survenu pendant le carnaval de Bellinzone et le jugement pénal de première instance rendu à ce sujet. Les faits essentiels ont été correctement présentés. Malgré quelques défauts de l'article, mais qui concernaient des points secondaires, le principe d'équité n'a pas été violé. Comme dans les deux autres cas de plainte, l'AIEP a rejeté la plainte à l'unanimité.
L'AIEP est une commission extraparlementaire de la Confédération, composée de neuf membres et présidée par Vincent Augustin, avocat à Coire. Elle doit constater, sur plainte, si des émissions de radio et de télévision diffusées par des diffuseurs suisses ou des publications du reste de l'offre journalistique de la SSR ont enfreint des dispositions relatives au contenu d'émissions rédactionnelles ou si l'accès au programme ou à une publication a été refusé de manière illicite. Les décisions de l'AIEP peuvent être contestées auprès du Tribunal fédéral. En amont de l'AIEP se trouvent des organes de médiation qui jouent un rôle d'intermédiaire.
Image : UBI
