Offensive sur le marché de la téléphonie mobile : UPC prévoit-il d'avaler Salt ou Sunrise ?
Alors que Liberty Global, propriétaire d'UPC, réduit ses effectifs en de nombreux endroits du marché européen, l'entreprise veut consolider sa forte position en Suisse et devenir le numéro deux sur le marché de la téléphonie mobile.

C'est ce que suppose la SonntagsZeitung dans son édition actuelle. La Suisse jouirait d'une position particulière dans l'engagement de Liberty Global en Europe. Alors qu'UPC Autriche a été vendu fin 2017 à Deutsche Telekom, le marché de l'Internet, de la télévision et de la téléphonie mobile doit être bouleversé dans notre pays.
En Suisse, UPC occupe une position forte, car l'entreprise atteint deux tiers des ménages via le réseau câblé. En revanche, il y a encore beaucoup de marge de progression sur le marché de la téléphonie mobile : UPC n'y compte que 100 000 clients. Même Salt, le troisième plus grand opérateur de téléphonie mobile de Suisse après Swisscom et Sunrise, compte environ 1,8 million de clients. Sunrise en compte environ 2,4 millions.
"Bientôt assez d'argent"
Ce déficit sensible de parts de marché pourrait être comblé d'un coup si UPC rachetait l'un de ses concurrents. La SonntagsZeitung s'appuie sur les déclarations d'un responsable de Liberty Global pour supposer que ce scénario pourrait bientôt devenir réalité. Celui-ci affirme qu'il y aura peut-être bientôt assez d'argent pour absorber Salt ou Sunrise.
UPC deviendrait le numéro deux du marché suisse en cas de rachat. Derrière le leader du marché Swisscom, avec lequel une collaboration a encore été décidée récemment : au lieu de Salt comme jusqu'à présent, c'est le leader de la branche qui fournira à l'avenir le réseau pour les offres de téléphonie mobile UPC. Un accord qui n'aurait évidemment plus beaucoup de sens après le rachat de Salt ou de Sunrise. "Non exclusif", a balayé le CEO de Liberty Global Mike Fries jeudi lors de la présentation des résultats annuels d'UPC. La collaboration avec Swisscom ne limiterait en rien les "discussions ou opportunités stratégiques".
Selon Fries, le marché suisse des télécoms appelle littéralement à la rationalisation et il existe "quelques options" pour qu'UPC Suisse "se consolide ou devienne un acteur plus important". Liberty Global veut continuer à investir dans des marchés clés comme la Suisse, "où nous voyons un moyen de devenir un champion national".
Salt aurait déjà été un sujet de discussion en 2015
Le "trésor de guerre" d'UPC pourrait bientôt être plein à craquer. La SonntagsZeitung se base sur des estimations du Credit Suisse, selon lesquelles les ventes en Europe pourraient rapporter jusqu'à 31 milliards de dollars. A titre de comparaison, Salt a changé de mains en 2015 pour 2,8 milliards de dollars. A l'époque déjà, on avait envisagé un achat, explique le manager anonyme de Liberty Global - mais à l'époque, on avait d'autres priorités avec le développement en Autriche. (hae)
