L'initiative "No Billag" arrive au Parlement

Sans la redevance radio et télévision, la qualité du service public serait menacée. C'est ce qu'écrit le Conseil fédéral dans son message relatif à l'initiative populaire « Oui à la suppression de la redevance radio et télévision ». Le dossier est désormais prêt à être examiné par le Parlement.

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Comme il l'a déjà communiqué à plusieurs reprises, le gouvernement estime que la radio et la télévision doivent continuer à être financées par la redevance. Ni l'initiative ni un contre-projet ne permettraient d'atteindre cet objectif. Dans le message qu'il a adopté mercredi, le Conseil fédéral souligne sa position en vue de la votation populaire qui, selon lui, aura lieu au plus tôt à l'automne 2017. Selon la volonté du Conseil fédéral, les redevances de radio et de télévision actuelles doivent rester stables jusqu'au passage au nouveau système de redevance, probablement en 2019. Le Conseil fédéral a en outre l'intention de fixer la redevance des ménages à moins de 400 francs lors du changement de système.

Moins de diversité

L'initiative s'oppose par principe à ce système de redevance de réception. A l'avenir, la Confédération devrait régulièrement mettre aux enchères des concessions pour la radio et la télévision. Les subventions aux stations de radio et de télévision seraient supprimées. Du point de vue du Conseil fédéral, cela aurait des "conséquences radicales" sur le paysage médiatique suisse et "affaiblirait considérablement la place médiatique suisse". Un service public dans le domaine des médias ne peut pas être financé uniquement par des moyens commerciaux.

Une acceptation de l'initiative aurait pour conséquence une réduction de l'offre de la SSR, des stations de radio dans les régions de montagne et périphériques et des télévisions régionales. "Il en résulterait très probablement une diminution de la diversité des opinions et de l'offre à la radio et à la télévision".

La compensation financière pour les minorités serait supprimée

Selon le Conseil fédéral, les petites régions linguistiques seraient les plus touchées. En effet, ce n'est que grâce à la péréquation financière interne à la SSR que des programmes de radio et de télévision équivalents peuvent être produits aujourd'hui dans toutes les langues officielles. Sur l'ensemble des recettes de la SSR, qui se composent principalement de la redevance de réception ainsi que des recettes publicitaires et de sponsoring, 24,5 % proviennent de la Suisse romande, 4,5 % de la Suisse italienne et le reste de la Suisse alémanique. Ces moyens sont répartis de manière solidaire entre les régions linguistiques, de sorte que les chaînes francophones de la SSR en reçoivent 32,7% et les chaînes italophones 21,8%. De l'information au divertissement Aujourd'hui, la SSR est financée aux trois quarts environ (1,235 milliard de francs) par la redevance, les radios locales privées et les télévisions régionales jusqu'à deux tiers (67,5 millions de francs).

Comme la suppression des recettes de la redevance ne pourrait pas, selon le Conseil fédéral, être compensée par des recettes publicitaires, tous ces diffuseurs devraient économiser massivement sur leurs offres. Selon le Conseil fédéral, dire oui à l'initiative, c'est accepter un nouveau système médiatique qui n'a pas été pensé. "Les offres de radio et de télévision purement commerciales sont en général axées sur le divertissement, au détriment de l'information, de la formation et de la culture". Aujourd'hui, 58 pour cent des redevances de la SSR vont à ces trois domaines.

Deuxième tentative réussie

L'initiative "Oui à la suppression des redevances radio et télévision (suppression des redevances Billag)" avait été déposée le 11 décembre 2015 avec 112'191 signatures valables. Elle est soutenue par des représentants des Jeunes UDC et des Jeunes libéraux-radicaux. Il s'agit déjà de la deuxième initiative populaire qui demande la suppression de la redevance de réception. L'initiative "Radio et télévision - sans Billag" n'avait toutefois pas abouti. La redevance radio et télévision a également été discutée dans le cadre de la votation de juin 2015. Les électeurs avaient alors accepté de justesse la loi révisée sur la radio et la télévision. Il a ainsi créé les bases pour le passage de la redevance de réception actuelle à une redevance indépendante des appareils. Cela doit tenir compte du fait que la plupart des ménages disposent d'appareils de réception, puisque les programmes de radio et de télévision peuvent aujourd'hui également être reçus sur le téléphone portable et l'ordinateur. L'inscription auprès de Billag est supprimée et les contrôles ne seront plus nécessaires à l'avenir. (ATS)

Photo : Services du Parlement 3003 Berne

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