Le droit voisin renforce le journalisme
L'alliance «Pro Leistungsschutzrecht» a examiné le projet du Conseil fédéral visant à modifier la loi sur le droit d'auteur (LDA) et l'évalue positivement. Le droit voisin prévu s'adapte parfaitement au contexte suisse, garantit une rémunération équitable des médias par les plateformes technologiques et favorisera la pluralité des médias.

Il y a quelques semaines, le Conseil fédéral a présenté un projet de loi pour un droit voisin en Suisse et a ouvert la procédure de consultation. Pour le conseiller aux Etats UDC Hannes Germann, il est clair que "le projet est de la plus haute importance pour la place médiatique suisse et ses 12 000 journalistes". Car aujourd'hui, les plateformes tech internationales reprennent les contenus des médias suisses pour leur propre modèle commercial et génèrent ainsi des centaines de millions de francs, mais ne versent aucune rémunération en contrepartie - en raison d'une lacune dans le droit. Cela devrait changer avec l'adaptation de la loi sur le droit d'auteur à la réalité numérique. "Les entreprises et les professionnels des médias doivent enfin recevoir une rémunération pour l'utilisation des prestations journalistiques par les grands services en ligne, en Suisse également", estime Josef Dittli, conseiller aux États du PLR.
Compensation équitable : norme internationale, solution suisse
Une rémunération via un droit voisin correspond à un standard international. L'UE a introduit un tel droit voisin, et la loi est déjà en vigueur dans une vingtaine de pays. En Australie également, le journalisme est actuellement renforcé de manière substantielle grâce à la nouvelle législation et le Canada, la Nouvelle-Zélande ou les Etats-Unis suivent la même voie.
L'alliance "Pro droit voisin" se montre convaincue par la proposition de loi : elle regroupe diverses organisations renommées de la branche des médias ainsi que, entre autres, impressum, la plus grande association suisse de journalistes, et Suisseculture, l'organisation faîtière des organisations des créateurs culturels professionnels de Suisse et des sociétés suisses de droits d'auteur. Avec la solution suisse élaborée par le Conseil fédéral, les plateformes tech pourront continuer à afficher les contenus des entreprises de médias. "Les utilisateurs ne seront pas touchés - il ne s'agit donc pas d'une taxe sur les liens", se réjouit la conseillère aux Etats des Verts Lisa Mazzone. Une société de gestion des droits d'auteur, comme celle que connaît déjà la Suisse (ProLitteris), serait chargée de fixer et de mettre en œuvre la redevance. Matthias Aebischer, conseiller national PS, estime que "cette solution ainsi que la prise en compte des charges permettent de renforcer l'ensemble de la place médiatique suisse et de faire profiter les petites et moyennes entreprises de médias des régions des rémunérations des plateformes tech". Ce point est central pour l'alliance. En outre, selon le projet du Conseil fédéral, les journalistes participeront également aux rémunérations - il s'agit là aussi d'une nouveauté apportée par le droit voisin en tant que norme internationale.
Introduction du droit voisin sans retard
Des développements récents l'ont montré : Les plateformes tech utilisent le contenu journalistique de différentes manières. Les applications de l'intelligence artificielle provoqueront des changements dans d'autres domaines. Dans ce contexte, une mise en œuvre rapide de la modification du droit d'auteur (droit voisin) proposée par le Conseil fédéral est indiquée. Ainsi, les améliorations nécessaires pour la place médiatique suisse pourront entrer en vigueur le plus rapidement possible. D'autres questions possibles en rapport avec les intelligences artificielles nécessitent des analyses approfondies et doivent être traitées dans le cadre de développements internationaux.
