Le CPJ déplore les atteintes à la liberté de la presse en Turquie
L'organisation américaine de défense de la liberté de la presse CPJ a dénoncé une recrudescence des atteintes à la liberté de la presse en Turquie. Les autorités turques mènent actuellement « l'une des plus grandes campagnes au monde contre la presse », peut-on lire dans un rapport publié dimanche soir.
Au total, 76 journalistes sont détenus - le plus grand nombre dans aucun autre pays du monde, écrit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) à New York. La plupart des personnes détenues sont accusées de délits terroristes en raison de leur travail journalistique.
Plus de 70% des journalistes détenus sont des Kurdes, accusés de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit. Le mois dernier, le procès de 44 journalistes accusés d'avoir soutenu les séparatistes kurdes a débuté. Certaines accusations portées contre les journalistes rappellent les descriptions d'Etats totalitaires dans les livres de George Orwell, selon le rapport publié sur Internet.
Critique de la durée de la détention préventive
Le CPJ a également critiqué la longue durée de la détention préventive des journalistes inculpés. Dans un cas, la directrice d'une station de radio a dû passer six ans derrière les barreaux sans qu'aucun jugement n'ait été prononcé. Les défenseurs des droits de l'homme et l'UE déplorent depuis longtemps que la justice turque utilise les lois antiterroristes strictes pour s'attaquer aux formes non violentes de protestation ou aux simples critiques à l'encontre du gouvernement. Selon le CPJ, le ministre turc de la Justice Sadullah Ergin a souligné dans une déclaration sur le rapport qu'il n'était pas dans l'intention du gouvernement de poursuivre les critiques pour avoir exprimé leur opinion. Le droit à la liberté d'expression doit toutefois être distingué du soutien verbal à des actes de violence et de la "propagande terroriste", qui sont punissables. (ATS)
