Le scandale médiatique britannique s'étend au groupe Mirror

Pour la première fois, des journalistes du groupe de presse Mirror se sont retrouvés dans le collimateur des enquêteurs dans le cadre du scandale médiatique britannique des boîtes aux lettres téléphoniques mises sur écoute.

Trois hommes et une femme ont été arrêtés parce qu'ils sont soupçonnés d'avoir participé à des écoutes téléphoniques. C'est ce qu'a annoncé Scotland Yard jeudi. Selon Scotland Yard, l'affaire concerne principalement le Sunday Mirror et les années 2003 et 2004. Le groupe Trinity Mirror a confirmé que le rédacteur en chef du magazine à potins People et son adjoint faisaient partie des personnes arrêtées. Les deux autres sont d'anciens journalistes.

Jusqu'à présent, la holding de presse News International de Rupert Murdoch, dont font partie News of the World et le Sun, aujourd'hui supprimés, était au centre de l'enquête sur les méthodes de recherche et de corruption illégales utilisées par les journaux britanniques. Le scandale, qui couvait depuis des années, a atteint son point culminant en 2011. Depuis lors, de nombreux journalistes, policiers et autres personnes impliquées ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête policière, divisée en trois parties.

La police enquête sur des écoutes téléphoniques, des pots-de-vin versés à la police et des piratages informatiques. Parmi les auteurs présumés les plus célèbres, contre lesquels des procédures sont actuellement en cours, on trouve Rebekah Brooks, ancienne confidente de Murdoch, qui était également amie avec le Premier ministre britannique David Cameron.

Controverse sur le code de la presse

Parallèlement à l'enquête de police, Cameron avait réuni une commission judiciaire qui devait s'occuper de l'élaboration d'un nouveau code de la presse afin d'éviter à l'avenir des scandales similaires. La commission Leveson a présenté ses recommandations en novembre dernier, mais le gouvernement et l'opposition ne parviennent pas à se mettre d'accord sur une version.

Cameron a interrompu jeudi les discussions entre ses conservateurs Tories, ses partenaires de coalition libéraux-démocrates et l'opposition sociale-démocrate. Lundi, il présentera au Parlement son projet de nouveau système de régulation de la presse, une "charte royale".

Les libéraux-démocrates veulent également un code plus strict

Tant le Labour que les libéraux-démocrates critiquent le fait que les directives de Cameron ne vont pas assez loin. Ce dernier insiste quant à lui sur la liberté de la presse. "L'itinéraire que j'ai présenté est le moyen le plus rapide d'obtenir la forte autorégulation proposée par Leveson, qui peut imposer des amendes de plusieurs millions, exiger des excuses de la part de personnalités et rendre justice aux victimes", a déclaré Cameron. (ATS)
 

Image teaser : Keystone
 

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