348 journalistes en prison

Le dernier bilan de Reporters sans frontières (RSF) révèle qu'environ 350 professionnels des médias sont en détention, plus de 50 sont retenus en otages et un journaliste a disparu.

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La tendance est effrayante. Actuellement, 348 professionnels des médias - c'est-à-dire des journalistes, des collaborateurs des médias et des citoyens-journalistes - sont en détention dans le monde, soit une augmentation de 6% par rapport à 2015. Pour les journalistes professionnels, l'augmentation est même de 22%, le nombre d'arrestations ayant quadruplé en Turquie après le putsch manqué de juillet.

Faire taire les voix critiques

Actuellement, plus de 100 journalistes et collaborateurs des médias sont détenus dans les prisons turques ; RSF a pu prouver dans 41 de ces cas un lien direct entre l'arrestation et l'activité journalistique. La tendance autoritaire du président Erdogan conduit à des mesures contre les médias qui visent à faire taire les voix critiques. Les professionnels des médias sont accusés d'"insulte au président de la République" ou de "terrorisme" et des centaines d'entre eux sont traduits en justice. Les détentions arbitraires se multiplient.

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Une "chasse aux sorcières" aux portes de l'Europe

Selon le bilan de RSF, le plus grand nombre de professionnels des médias incarcérés par pays se trouve dans les prisons de Chine (103), de Syrie (28), d'Egypte (27) et d'Iran (24), sans compter le nombre croissant de personnes arrêtées en Turquie. "La répression contre les journalistes s'accroît à une vitesse vertigineuse dans le monde entier", déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF International : "Et aux portes de l'Europe, une véritable chasse aux sorcières a conduit des dizaines de journalistes en prison, faisant de la Turquie la plus grande 'prison du journalisme'. En l'espace d'un an, le régime d'Erdogan a anéanti le pluralisme des médias. Et l'Union européenne reste muette".

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Otages en Syrie, en Irak et au Yémen

Au Burundi, on n'a plus aucune trace depuis juillet de Jean Bigirimana, qui travaille pour le journal Iwacu et le site web Infos Grands Lacs. On ne sait pas s'il est détenu par les services secrets ou s'il a été tué. 52 professionnels des médias sont retenus en otage dans le monde, tous dans des zones de conflit au Proche-Orient : 26 en Syrie, 16 au Yémen et 10 en Irak. L'EI à lui seul a pris 21 journalistes en otage, 15 sont aux mains des rebelles Houthi.

Un représentant spécial de l'ONU est demandé

Face aux risques croissants auxquels sont exposés les professionnels des médias, RSF demande une nouvelle fois à l'ONU de mettre en place un représentant spécial pour la protection des journalistes, directement rattaché au Secrétaire général de l'ONU et habilité à mener des enquêtes de manière autonome. En effet, jusqu'à présent, les nombreuses résolutions de l'ONU sur la protection des professionnels des médias et la lutte contre l'impunité pour les crimes commis à leur encontre n'ont pas abouti à des résultats satisfaisants.

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