Création d'un comité interpartis contre l'initiative No- Billag
Tout comme le Conseil fédéral, le comité interpartis "Non à No Billag" rejette cette "initiative radicale" et entend s'y opposer de toutes ses forces, comme il l'indique dans son communiqué de vendredi.

160 politiciennes et politiciens nationaux des partis PDC, PBD, PEV, pvl, Verts, PLD, PS et UDC s'engagent dans le comité interpartis "Non à No Billag". L'ampleur du comité montre que l'appartenance à un parti particulier ne joue aucun rôle dans cette votation, peut-on lire dans le communiqué. Il s'agit plutôt de savoir qui tient à la Suisse et à la couverture médiatique dans les langues nationales suisses. Le comité cite quatre arguments principaux contre l'initiative :
Attaque contre la diversité des médias suisses
L'argent de la redevance permet de (co)financer une soixantaine de stations de radio et de télévision dans toute la Suisse. Celles-ci diffusent quotidiennement dans toutes les régions et dans toutes les langues nationales des informations sur des sujets importants au niveau régional et national. L'argent de la redevance permet de financer un regard suisse sur le monde. Sans redevance, moins d'autonomie, moins de Suisse, prévient le comité.
Attaque contre le service public
Sur la base du mandat de prestations, les bénéficiaires de la redevance fournissent aujourd'hui à toute la Suisse une offre audiovisuelle variée. L'initiative radicale veut supprimer le mandat de prestations de la Constitution. Il s'agit d'une attaque directe contre un paysage médiatique suisse indépendant et autonome et contre les reportages régionaux, avertit le comité. La libre formation de l'opinion, une couverture médiatique appropriée et la représentation de la diversité des opinions ne seraient plus garanties en cas d'acceptation, selon les opposants.
Cessation d'émission pour les minorités
Le comité est convaincu que si la redevance était supprimée, la solidarité disparaîtrait du système médiatique suisse. Les émissions dans les régions périphériques, pour les handicapés sensoriels ou sur les sports marginaux ne peuvent pas être financées par le commerce et seraient supprimées sans être remplacées si l'initiative était acceptée, poursuit le communiqué.
Attaque contre la démocratie directe
L'initiative radicale No Billag est "une attaque contre nos médias indépendants et la démocratie directe", peut-on lire dans la prise de position. Une démocratie qui fonctionne dépend de citoyennes et de citoyens informés. Avec la commercialisation totale du paysage médiatique et la mise aux enchères prévue des concessions, des investisseurs financièrement puissants obtiennent plus de pouvoir pour imposer leurs propres intérêts, avertit "Non à No-Billag". Il ne faut pas permettre que les médias suisses deviennent le "porte-parole de représentants d'intérêts fortunés" et soient utilisés abusivement pour la propagande politique, comme c'est le cas depuis longtemps en Italie ou aux Etats-Unis.
