L'opinion fait la différence

Oliver Classen sur la cabale, Köppel et les chroniques des entreprises.

Oliver Classen sur la cabale, Köppel et les chroniques des grands groupes.Les pages d'opinion (comme celle-ci) sont des phares sur papier dans un flot d'informations en constante augmentation. Elles doivent permettre au lectorat de s'orienter, mais aussi servir de surface de friction. Car, comme chacun sait, la friction génère de la chaleur. Ce qui, dans le langage du marketing éditorial, signifie fidéliser les lecteurs. Il n'est donc pas étonnant que les faiseurs d'opinion soient de plus en plus souvent invités par l'éditeur lui-même dans le journal, comme par exemple la chronique de Roger Köppel dans le HandelsZeitung. Comment interpréter autrement le placement peu en vue - c'est le moins que l'on puisse dire - de la première contribution de ce dernier dans le pli entre la page sept et la page huit, au lieu de la page d'opinion introduite à cet effet l'automne dernier, si ce n'est comme la vengeance cachée d'un rédacteur en chef dupé, car éclipsé ? Cette impression est encore renforcée par la promotion agressive de la nouvelle recrue par voie d'affichage et d'annonces, mais aussi par l'éditorial habituel du rédacteur en chef, équilibré, c'est-à-dire sans accroc.
Le fait que les éditeurs marquent ou laissent marquer l'orientation idéologique de leurs produits est une tradition honorable et n'a rien de répréhensible - même si, comme dans le cas présent, le soupçon de journalisme d'opinion du groupe peut surgir. Après tout, la HandelsZeitung et Die Welt, où Köppel donne depuis peu le ton, font partie du portefeuille de Springer.
Le bashing européen de sa première chronique a été lu avec autant d'attention à Berlin qu'à Zurich. Est-ce que cela annonce déjà le changement d'orientation attendu pour la nouvelle rédaction de Köppel, jusqu'ici très favorable à Bruxelles ? Après tout, Köppel a été mis au monde pour son expertise en matière de repositionnement. Il n'est toutefois pas certain qu'il puisse aider le titre de prestige de Springers avec des réflexes anti-européens (importés de Suisse). Si ce n'est pas le cas, la HandelsZeitung lui souhaiterait certainement la bienvenue en tant que co-rédacteur en chef et leader d'opinion.
> Oliver Classen, rédacteur

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