Les propositions ont été soumises aux commissions des transports et des télécommunications (CTT) du Conseil national et du Conseil des Etats, comme l'ont communiqué jeudi Impressum, Syndicom et le SSM. Les propositions faites aux commissions consistent en un paquet : pendant la crise, les journaux et les magazines doivent être distribués gratuitement par la Poste. En outre, les abonnements des médias d'information à l'agence de presse Keystone-SDA doivent être financés par la Confédération.
Un fonds de 100 millions de francs doit en outre aider les médias en difficulté financière et financer les recherches journalistiques. Et la réserve pour écarts de planification issue de la redevance radio et télévision, estimée à 34,2 millions de francs pour 2020, doit avant tout soutenir les stations de radio et de télévision privées titulaires d'une concession ainsi que la production audiovisuelle dans leur situation particulièrement difficile.
Pratiquement tous les médias rédactionnels font état d'une demande d'informations rédactionnelles sans précédent, poursuit le communiqué. Cela se traduit par des records de clics, mais aussi par des abonnements en ligne et des ventes de journaux en kiosque, et même par des dons directs aux rédactions. Mais la crise de la Corona a entraîné une baisse extrême du chiffre d'affaires sur le marché publicitaire, et de nombreux médias sont donc au bord de la faillite.
Les organisations signataires considèrent qu'il est d'un intérêt public important que l'information journalistique soit maintenue pour la population, a fortiori dans cette situation exceptionnelle.
Les organisations professionnelles suivantes ont soumis leurs propositions : Syndicom, Impressum, Investigativ.ch, Media Forti, Medien mit Zukunft, Medien für alle, Association romande des producteurs audiovisuels et le Syndicat suisse des mass media SSM. (SDA)
Les sondages sur l'initiative prévoyaient un résultat serré, il est donc décisif de pouvoir inciter les indécis à voter non, écrivent les initiateurs du crowfunding dans un communiqué.
"L'initiative No Billag repose sur beaucoup de désinformation. La plupart des gens n'ont pas encore compris les véritables enjeux", prévient Frédéric Gonseth, cinéaste suisse et coprésident de "Médias pour tous". "Les initiants parlent de redevance de réception alors qu'il s'agit en réalité d'un référendum sur la suppression du service public médiatique en Suisse". "Si l'initiative est acceptée, c'est tout le secteur audiovisuel qui sera privatisé", ajoute Nina Scheu, coprésidente pour la Suisse alémanique de "Médias pour tous".
"Ce que nous rejetons", déclare Alberto Chollet, journaliste et coprésident tessinois de "Médias pour tous", "c'est le modèle économique et social promu par l'initiative. Nous nous engageons pour un service public médiatique fort et luttons contre la privatisation totale du secteur des médias".
Début 2017, les initiateurs de No Billag avaient eux-mêmes prévu une campagne de crowdfunding sur Wemakeit. Wemakeit a toutefois jugé la campagne "extrême" et "politiquement dangereuse" et a décidé de mettre fin au crowdfunding. (Werbewoche.ch a rapporté). Les opérateurs de Wemakeit confirment leur engagement contre l'initiative No Billag en publiant "Médias pour tous". la plateforme pour collecter des fonds de soutien. On salue "cet engagement courageux d'une entreprise privée en faveur de l'intérêt général", écrit l'association.
L'association "Médias pour tous" a été fondée en 2015 à la suite de la votation sur la LRTV et s'engage pour la qualité et la diversité des médias suisses imprimés, électroniques et en ligne. L'association regroupe des syndicats et associations de médias (SSM, Syndicom, Impressum), des associations du secteur cinématographique et de la culture. "Médias pour tous" s'engage dans toute la Suisse dans la coordination de tous les groupes actifs contre No Billag, notamment dans la collaboration des comités régionaux (Association contre la disparition des radio-tv, Nein zum Sendeschluss, NoBillag NoSvizzera). (pd/hae)