Le Conseil de la presse blâme un supplément marketing

Le Conseil suisse de la presse adresse un avertissement à la société Mediaplanet en raison de ses pratiques commerciales concernant un encart publicitaire publié dans un journal romand.

Le Conseil considère que le lien entre le contenu rédactionnel et la publicité jointe viole la "Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste". La pratique de l'entreprise Mediaplanet est en cause. Celle-ci avait contacté le Parti socialiste suisse (PS) en 2015 et lui avait proposé de rédiger un article de son choix pour le supplément "Tabu" publié par Mediaplanet. "Tabu" devait être inséré dans le quotidien "Le Matin". Selon la lettre d'accompagnement de Mediaplanet, l'offre comprenait en outre la proposition que le PS réserve de la publicité payante qui permettrait aux lecteurs d'identifier clairement et visuellement le PS. Le PS s'est plaint de cette pratique auprès du Conseil suisse de la presse.

Le Conseil de la presse voit dans cette offre une violation du code des journalistes : celui-ci prescrit de séparer clairement la partie rédactionnelle et la publicité. Et il interdit de telles formes de contreparties.

Mediaplanet produit, selon ses propres dires, du "marketing de contenu". Celui-ci mêle articles, publireportages et publicité, souvent en lien avec les articles. Le Conseil de la presse est entré en matière sur la plainte parce que le contenu et la forme de l'encart peuvent induire le lecteur en erreur sur sa véritable nature, étant donné qu'il est diffusé par un quotidien à grand tirage.

"Le Matin", en revanche, n'a été impliqué ni dans l'acquisition de clients ni dans le contenu de "Tabu". Le journal lui-même n'a donc pas enfreint les règles déontologiques. Le Conseil de la presse constate néanmoins que, malgré une mise en page différente, une confusion est possible entre le produit de Mediaplanet et le contenu rédactionnel du "Matin". Il recommande au journal d'exiger de Mediaplanet une mention explicite sur la première page de tels suppléments qui jouent sur une confusion possible. Le lecteur moyen doit pouvoir faire la différence sans ambiguïté, conclut le Conseil.

 

More articles on the topic