Le Conseil fédéral : l'alliance publicitaire ne menace pas l'indépendance des médias

Le Conseil fédéral ne voit aucune raison de penser que l'alliance publicitaire envisagée entre la SSR, Swisscom et Ringier pourrait compromettre l'indépendance des médias vis-à-vis de l'État. Le Conseil fédéral ne formulera pas de recommandation concernant cette coopération.

La loi ne le prévoit pas, a déclaré la ministre des médias Doris Leuthard lundi à l'heure des questions du Conseil national. Pour le Conseil fédéral, il est compréhensible que les trois entreprises aient conclu une telle coopération. Swisscom agit dans le domaine de la commercialisation de la publicité dans le cadre de sa liberté économique, a constaté la conseillère fédérale. De plus, aucune interdiction de coopération n'est prévue entre les diffuseurs de programmes titulaires d'une concession et des tiers externes.

L'Office fédéral de la communication (OFCOM) examine actuellement si la participation de la SSR limite de manière excessive la marge de manœuvre des maisons d'édition et des fournisseurs de médias privés, a déclaré Doris Leuthard. Au besoin, son département pourrait imposer des conditions à la SSR "si la coopération devait nuire à l'exécution du mandat de programme ou restreindre considérablement la marge de manœuvre d'autres entreprises de médias". Doris Leuthard a en outre indiqué que la Commission de la concurrence examinait actuellement la coopération prévue à la loupe. Selon Doris Leuthard, il convient de prêter attention à l'aspect de la protection des données. Le projet soulève des questions spécifiques sur la protection des données et de la sphère privée. Le protecteur des données pourrait s'en occuper, a estimé la ministre des médias. Doris Leuthard a été informée au préalable par la SSR et Swisscom du projet prévu, comme elle l'a déclaré au Conseil. Les deux entreprises ont été rendues attentives aux conditions cadres formelles.

Avec cette coentreprise, Swisscom, la SSR et Ringier veulent défier les géants internationaux en ligne comme Google ou Facebook sur le marché de la publicité. Ces derniers sont forts dans l'exploitation des données et peuvent ainsi vendre de la publicité personnalisée. Depuis sa présentation il y a un mois, le projet a provoqué des turbulences. Il a ainsi entraîné le départ de Ringier de l'association Médias Suisses (VSM). Selon le président du VSM, Hanspeter Lebrument, l'alliance publicitaire devrait être interdite sous la forme prévue. Des tiers risquent d'être marginalisés, a-t-il déclaré la semaine dernière lors du congrès des médias à Interlaken. Lors de cette même manifestation, Doris Leuthard avait demandé aux éditeurs de ne pas se retrancher derrière des interdictions dans le litige concernant l'alliance publicitaire prévue. Il faut des propositions constructives de coopération. (ATS)

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