Les attentats terroristes secouent le Danemark

En l'espace de dix heures, un homme a abattu à Copenhague un cinéaste lors d'un débat sur la liberté d'expression et un gardien juif devant une synagogue. Cinq policiers ont été blessés.

Une vaste chasse à l'homme s'est terminée tôt dimanche matin par des tirs mortels des forces de sécurité sur l'auteur présumé de l'attentat. Ces actes ont rappelé les attentats contre le magazine satirique Charlie Hebdo à Paris et ont suscité la consternation dans de nombreux pays. Selon l'agence de sécurité danoise PET, les actes terroristes parisiens pourraient avoir guidé l'auteur présumé de l'attentat dans ses actions. Comme en France, il était déjà connu de la police. Le Danemark ne veut pas se laisser intimider. "Il y a beaucoup de questions auxquelles la police doit encore répondre", a déclaré la Première ministre Helle Thorning-Schmidt. "Mais il y a une réponse que nous pouvons donner dès aujourd'hui. Et c'est que nous allons défendre notre démocratie". La reine Margrethe du Danemark a exhorté les Danois à se serrer les coudes après les attentats terroristes.

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Image : Keystone

Samedi après-midi, l'auteur de l'attentat a tiré à l'arme automatique depuis l'extérieur du café culturel où se déroulait une manifestation sur le thème "Art, blasphème et liberté d'expression". Le réalisateur Finn Nørgaard, 55 ans, a été tué et trois policiers ont été blessés.

Motifs initialement peu clairs

Le chef des services secrets, Jens Madsen, a déclaré que l'agresseur était connu des services de sécurité. Dimanche soir, la police danoise a annoncé que l'auteur présumé était un jeune homme de 22 ans né au Danemark. Il s'est fait remarquer par les services de sécurité pour différents délits tels que la possession d'armes, des actes de violence et la criminalité bancaire. Son nom n'a pas été publié. L'attaque visait probablement le dessinateur suédois Lars Vilks. Les islamistes le critiquent depuis des années pour ses caricatures de Mahomet. Il a déjà été la cible de plusieurs attentats. Vilks n'a pas été blessé. Une vaste chasse à l'homme a immédiatement été lancée. Selon la police, l'auteur de l'attentat a d'abord pris la fuite dans une VW Polo de couleur sombre, puis en taxi. Il s'est fait conduire à son appartement situé non loin de là. Environ dix heures après le premier attentat, le même individu a probablement tenté de pénétrer dans une synagogue après minuit. Il a ouvert le feu et a mortellement touché un homme à la tête - selon la communauté juive, un gardien bénévole âgé de 37 ans. Deux policiers ont été blessés. Environ 80 personnes étaient rassemblées dans le bâtiment pour une fête - la Bat Mitsva. Entre-temps, la police avait pris position devant l'appartement de l'homme. Peu avant 5 heures, l'auteur présumé est revenu. Les forces de sécurité l'ont interpellé. Il a immédiatement ouvert le feu. Les agents ont riposté et l'ont mortellement touché.

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graphique : APA/DPA/Keystone

Pas de séjour en tant que djihadiste

Dans un premier temps, les enquêteurs n'ont pas voulu révéler l'identité de l'homme. "Il vient de Copenhague, c'est tout ce que nous pouvons dire", a déclaré le chef de PET Madsen. Selon lui, rien n'indique que l'homme ait des complices ou qu'il ait séjourné en Syrie ou en Irak en tant que djihadiste. La panique et le chaos ont régné par moments à Copenhague. Les événements se sont déroulés dans le centre-ville. La situation est restée totalement confuse pendant des heures. La police fédérale allemande a également été mobilisée et a surveillé le trafic aux trois postes-frontières de Flensburg. La chancelière allemande Angela Merkel a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Lors d'une conversation téléphonique avec Thorning-Schmidt, elle a souligné que l'Allemagne se tenait fermement aux côtés du Danemark face à ces attentats inhumains. Le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, a déclaré : "Notre détermination à lutter contre toutes les formes d'extrémisme et de terrorisme n'est que renforcée par de telles attaques".

Le président français François Hollande a rendu visite à l'ambassade du Danemark à Paris. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est rendu à Copenhague et a déposé des fleurs sur le premier lieu de l'attentat - en compagnie de la ministre danoise de la Justice Mette Frederiksen et de l'ambassadeur français François Zimeray. Zimeray avait survécu à l'attentat contre le café culturel.

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Bernard Cazeneuve dépose des fleurs sur le lieu de l'attentat (Keystone)

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est montré affecté. Les Etats-Unis ont proposé leur aide au Danemark. L'Arabie saoudite a également condamné les deux attaques terroristes de Copenhague, rappelant au passage la mort de trois musulmans aux Etats-Unis. Copenhague rendra hommage lundi soir aux victimes du week-end.

Charlie Hebdo voit une guerre des islamistes contre la culture

Maintenant plus que jamais : pour Charlie Hebdo, les attentats de Copenhague ne sont pas une occasion de pratiquer l'autocensure par peur. "C'est terrible, car cela arrive un mois après les attentats de Paris, et cela fait remonter toute la tristesse, a déclaré à l'AFP le chroniqueur de Charlie Hebdo Patrick Pelloux. "Ces intégristes fascistes mènent une guerre contre la culture". Ils tentent d'éliminer les écrivains, les dessinateurs et les cinéastes par la peur, a ajouté Pelloux.

Impressum soutient la résistance à l'intimidation

Dans un communiqué publié dimanche, Impressum soutient la résistance contre l'intimidation et la lutte pour une société ouverte, pluraliste et démocratique. La liberté de la presse et la liberté d'expression en font partie, tout comme d'autres libertés fondamentales telles que la liberté de religion, dont chacun peut également profiter, selon l'association des journalistes. Impressum est consterné par la cruauté et la radicalisation et exprime ses sincères condoléances aux familles. L'association s'engage pour la défense de ces valeurs et de ces libertés. En même temps, on met en garde contre le fait que les attaques soient utilisées comme motif pour restreindre les libertés. La discussion sur ce champ de tensions doit être menée ouvertement. Impressum participera activement à cette discussion en ce qui concerne le journalisme. (ATS/hae/PD)

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