Associations économiques : Critique de la SSR
Economiesuisse et d'autres associations professionnelles s'opposent à la modification prévue du système de redevance de la SSR. Elles réclament en outre une redéfinition du service public.
A partir de mercredi, le Conseil national débattra de la manière dont l'offre de la SSR sera financée à l'avenir et de ce qu'elle devra contenir. La redevance actuelle de 462 francs doit être transformée en une taxe moins élevée. Celle-ci devrait toutefois être payée non seulement par tous les ménages, mais aussi par les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 500'000 francs - indépendamment du fait qu'elles reçoivent la radio ou la télévision. Comme l'écrit la NZZ am Sonntag, Economiesuisse, l'Union suisse des arts et métiers et Hotelleriesuisse s'opposent aux modifications prévues. L'introduction de fait d'un impôt sur les médias conduirait à une double imposition et les consommateurs seraient taxés deux fois, à la maison et au travail. En outre, ils demandent que le mandat de la SSR soit clairement défini avant de décider du modèle de redevance.
"Glanz & Gloria" pas un service public
Selon l'économie, l'offre est trop gonflée : Kurt Lanz d'Economiesuisse estime que 180 millions de francs par an pour des films et des séries étrangers, que l'on peut également voir sur les chaînes privées, c'est trop. En outre, on peut se demander ce que des émissions comme "Glanz & Gloria" et "Voice of Switzerland" ont à voir avec le service public. La concurrence avec les privés dans le domaine en ligne est donc inappropriée. Selon Lanz, les offres qui sont déjà fournies par des privés doivent être économisées par la SSR.
La critique de la SSR est soutenue par plusieurs parlementaires. La conseillère nationale UDC Natalie Rickli est d'avis qu'une chaîne par région linguistique est suffisante. Martin Landolt (PBD) et Fabio Regazzi (PDC) veulent limiter la redevance à 360 francs. Jürg Grossen (PVL) critique le nouveau modèle prévu, car les entreprises paieraient la redevance à l'administration fiscale, mais il faudrait toujours un organe d'encaissement pour les particuliers. Il propose de supprimer Billag et de financer à l'avenir la SSR directement par le budget de l'État. Grossen a bon espoir de trouver une majorité au Parlement avec sa proposition. Il n'a pas réussi à convaincre le Conseil fédéral : celui-ci considère que l'indépendance d'une chaîne publique est en danger et fait remarquer qu'une augmentation de la TVA de 0,5 pour cent serait nécessaire pour un financement complet. (NZZaS/hae)
