Conférence numérique de Suisse orientale : l'IA, entre risques et opportunités

Près de 200 experts se sont réunis lors de la Digital Conference Ostschweiz 2026, qui s’est tenue à l’Einstein Congress de Saint-Gall, pour débattre de la cybersécurité, de la désinformation et des conséquences sociétales de l’intelligence artificielle. Christian Naef, PDG de la start-up RY3T, basée à Wil, a été désigné « Digital Shaper Ostschweiz 2026 ».

Henriette Engbersen met en garde contre une vague de désinformation. Source : zvg

Conférence numérique de Suisse orientale 2026 : rapidité, illusion et discernement

Environ 200 invités se sont réunis le 8 septembre 2026 à l'Einstein Congress de Saint-Gall à l'occasion de la Digital Conference Ostschweiz. Sous le thème « La cybersécurité à la rencontre de l’IA : risque ou opportunité ? », des experts issus des milieux scientifiques, économiques et politiques ont examiné comment l’intelligence artificielle transforme la sécurité, la société et le monde du travail. La conférence est organisée conjointement par rockt!, LEADER et east#digital.

L'IA accélère le rythme – des deux côtés

Anna-Lena Horlemann, professeure d’informatique théorique et de mathématiques à l’université de Saint-Gall, a clairement indiqué que l’IA pouvait être utilisée aussi bien par les attaquants que par les défenseurs. « L’IA ne change pas les règles du jeu en matière de cybersécurité. Elle accélère le rythme du jeu. Ceux qui ne suivent pas le rythme se font distancer.»

Anna-Lena Horlemann : « L'IA accélère le rythme du jeu. » Source : zvg

Jill Wick, psychologue économique, a placé le facteur humain au cœur de son intervention. L'IA accélère l'ingénierie sociale et facilite la personnalisation des attaques. Dans le même temps, il devient plus difficile de détecter les contenus générés artificiellement. « Nous ne devrions pas trop nous fier à notre intuition », a déclaré Mme Wick.

Jill Wick, psychologue économique, s'exprime sur l'homme et l'IA. Source : zvg

Le conseiller d'État Beat Tinner a donné un aperçu de la manière dont le canton de Saint-Gall aborde l'IA. Le canton a analysé les avantages et les risques et souhaite mettre en place les conditions nécessaires à une utilisation responsable. La responsabilité ne doit en aucun cas être déléguée à des machines. « Les opportunités l'emportent, mais seulement si nous restons vigilants. »

Les participants ont ensuite approfondi les thèmes abordés lors de la conférence dans le cadre de cinq ateliers parallèles. L’accent a été mis sur la cyber-résilience, le « Vibe Coding » et la conformité, le travail basé sur les données avec l’IA, l’injection de prompts, ainsi que l’interaction entre l’IA, la cybersécurité et le comportement humain.

La désinformation à l'ère des réseaux sociaux

Henriette Engbersen, responsable de la valeur publique à la SSR, a abordé le thème de la désinformation. Selon elle, il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau, mais celui-ci est sans cesse amplifié par les évolutions technologiques. « Chaque nouvelle révolution technologique s'accompagne d'une vague de désinformation », a déclaré Mme Engbersen. Les réseaux sociaux, en particulier, auraient profondément modifié la manière dont les fausses informations se propagent.

Christian Naef remporte le titre de « Digital Shaper » de Suisse orientale 2026

Dans le cadre de la Digital Conference Ostschweiz, le « Digital Shaper Ostschweiz 2026 » a également été désigné. Parmi plus de 50 personnalités et équipes nominées, la communauté avait dans un premier temps sélectionné dix finalistes. Lors du deuxième vote du public, c’est Christian Naef, PDG et cofondateur de la start-up RY3T, basée à Wil, qui s’est imposé. RY3T développe des solutions à la croisée de l’énergie et de l’informatique, qui permettent d’utiliser l’électricité excédentaire pour fournir de la puissance de calcul. « C’est un grand honneur. J’ai vu la concurrence et je ne pensais pas que ce serait moi », a déclaré M. Naef après l’élection.

Christian Naef est le « Digital Shaper » de la Suisse orientale 2026. Source : zvg

Precht : « Nous ne sommes pas suffisamment formés au discernement »

Pour conclure, le philosophe et journaliste Richard David Precht a abordé les conséquences sociales de l'intelligence artificielle. Selon lui, le monde du travail n'est pas encore suffisamment préparé à ces changements. Parallèlement, il convient de renforcer la capacité à analyser les informations de manière autonome. « Nous vivons dans une société de l’information totale, mais nous sommes trop peu formés au discernement », a déclaré Precht.

Richard David Precht s'exprime sur les conséquences sociales de l'intelligence artificielle. Source : zvg

Pour plus d'informations sur la Digital Conference Ostschweiz, rendez-vous sur https://www.digitalconference.ch/

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