Les titres "clickbait" n'apportent pas plus de lecteurs
Les titres particulièrement racoleurs, également appelés « clickbait », ne sont pas aussi bien accueillis par les lecteurs qu'on le pensait, comme le montrent plusieurs études menées par des chercheurs de l'université d'État de Pennsylvanie et de l'université d'État du Michigan. Dans certains cas, cela entraînerait même une baisse du nombre de visites, selon ces études. Autre constat : l'intelligence artificielle (IA) a énormément de mal à distinguer les articles « clickbait » des articles normaux.

"L'une de nos questions de départ était de savoir si certaines caractéristiques de clickbait pouvaient générer plus de clics que d'autres", explique Maria Molina, professeur adjoint au département de publicité et de relations publiques de la Michigan State University. Il s'agit par exemple des titres avec un point d'interrogation à la fin ou avec des superlatifs négatifs ou positifs exagérés. Le résultat a surpris les experts eux-mêmes. "Après avoir analysé cela de plus près, nous avons dû constater qu'il n'y avait pas de différences significatives. Il semble même que les gens trouvent les titres normaux plus attrayants que les clickbaits", explique Molina.
Trois enquêtes menées
L'équipe des deux universités a mené trois études. Dans la première, 150 personnes ont été exposées à l'un des huit titres choisis au hasard sur différents thèmes et ont contrôlé si elles avaient ensuite continué à lire ou à partager les articles correspondants. Dans la seconde, 249 participants ont été recrutés et ont vu huit titres sur le même sujet - dont un seul était du clickbait. "Dans les deux études, les articles clickbait n'ont pas généré plus de visites que les textes normaux", explique Molina.
La troisième étude visait à déterminer si l'IA pouvait aider à détecter automatiquement les clickbaits et à lutter ainsi contre la propagation des fake news. Différents systèmes et modèles d'apprentissage automatique ont été testés à cet effet. "Ces systèmes n'étaient d'accord sur ce qui pouvait être classé comme clickbait et ce qui ne l'était pas que dans 47 % des cas. Les personnes qui considèrent donc les titres clickbait comme un élément de détection des fake news devraient revoir leur jugement", conclut Sundar. (pte)
